‹ Frontin malade comedie en un acte et en versChapitre 30 sur 42 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

Tu brossais les habits des autres î — Moi, je veux Que l’on brosse les tiens, — qu’on poudre tes cheveux,

Qu’on te traîne en carrosse et que Fon t’assassine De coups d'œil enflammés ! — puis, le soir, qu’on bassine Ton lit! — C’est convenu! — tu vas faire une fin !..

C’est peut-être un peu tard ? — Veillons, Géronte est fin ! — Qu’importe! — il faut traiter la vie en courtisane,

Et boire, jusqu’au bout, son flacon de tisane!..

— A ta santé, Frontin !

(il boit et se grise peu à peu.)

— Je vais couler des jours Tramés d’or et de soie... et brochés de velours !

(Respirant largement.)

— Je ne sais quelle ardeur, en mes veines, circule !

— Je me sens, à présent, vigoureux comme Hercule.

— Je veux me marier!..

(Avec modestie et fatuité.)

Le ciel m’a départi

Quelques faibles appas !.. je suis un bon parti !

[Réfléchissant.)

Qu’épouscrais-je bien ?

(Buvant.)

Hum! — ce vin est passable !

J’en boirai souvent.

(idée subite.)

Ab ! — je suis indispensable...

Maintenant, si j’osais !.. à mon destin lié!..

Je suis fou!.. Pourquoi pas?.. Je puis... l’ai-je oublié?.. Valère enragera !

(Résolument.)

Nargue à la sotte honte !

— Oui, je veux épouser la fille de Géronte!

(Buvant toujours et se grisant de plus en plus ; après un court silence.)

— Je l’épouse, c’est dit! — 11 faut perpétuer La race des Frontin que l’on voudrait tuer 1

— Je fais souche ! — Mon fils sera marquis; — ma fille Sera marquise aussi! — Je fonde une famille!

— A ta santé, ma race !

(il boit.)

Isabelle est, vraiment.

Une fille charmante et d’un grand agrément;

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