ENSEMBLE
Je sens déjà que je l'adore , j
Et je pourrai bientôt je croi , I De l'amoiu- que son cœur ignore,
Lui révëler la douce loi. ( bis. ) j
FRONTIN , il part. \
' On dirait déjà qu'il l'adore.
Pour un époux, le bel emploi ; Ça commence mal, et j'ignore, Comment ça finira pour moi...
Pour un époux le bel emploi, j
DENISE , a part. ]
Héla»! jeu suis tremblante encore , \,
Je n' reviens pas de mou effroi; .•' Comme il me regarde.. .J'ignore
Comment ça finira pour moi...» j
Je n' reviens pas de mon effroi. '<
EDOUARD
Coniment vous appc!ie-t-on ?
DENISE
Denise, Monseigneur, nièce de ma tante la vcnve Gervais, qui demeure au bout du village... Pour vous servir, en face du mai chaud de vin. \
EDOUARD
Ail ! la veuve Gcrvais , je la connais beaucoup ! Une pan - i
\tc femme... ^
DENISE
Non, monseigneur. . elle est riche.
C'est qu'il me semblait que dans le temps. ..elle avait de- j
mandé une place au château... j
DENJSE.
C'est égal... monseigneur.,, on est riche eton demande...
RDOUARIl.
C'est trop juste... eh bien! mon enfant... cette place, il faut la lui donner... Je ne veux cependant pas la séparer de sa nièce... et nous vous garderons au château... Voyons... Frontin... où. la placerons-nous... Ah! pour inspecter la lingerie... celte place vous conviendra parfaitement.
( Frontin lui fait signe de dire non.)
DENISE , imitant le signe de Frontin.
Non... non , monseigneur... j'y entends rien.
EDOUARD
Ah!... et l'office... {Même signe.)
DENISE, (le même.
Ah ! encore moins.
EDOUARD
C'est malheureux; et que savez-vous donc faire, charmante Denise !
DliNISE , suivant toujours les signes de Frontin.
Rien, monseigneur.... absolument rien.
Aquoi passez-vous donc votre temps ?
DENISE
Dame , monseigneur, je bats le beurre et je fais des petits fromages à la crème.
EDOUARD , vivement.
Justement , c'est pour cela que je vous ai fait appeler !.... l^ à Frontin.) Comme c'est heureux qu'elle sache faire des petits fromages.... Tu les aimes, Frontin, n'est-ce pas .^
FRONTIN , avec un mouvement.
IJu tout , monsieur, je ne peux pas les souffrir...
EDOUARD
Moi... j'en suis fou... c'est décidé , je vous mets à la tête de la laiterie...,
DENISE
Mais, monseigneur...-
EDOUARD
Nous allons arranger tout cela ! n'est-ce pas belle Denise , vous consentez à rester avec nous.
DENISE , toujours embarrassée.
Dame, monseigneur, faut que je consulte ma tante.... V'ià justement l'heure de son dîner. , {voulant sortir.) Et j' vous demanderai la permission.,..
EUOU.\RD , la retenant.
Eli ! mou dieu , quel dommage!,... Si j'avais eu à diucr au château.,., je vous aurais retenue.
Y pensez-vous, monseigneur, une paysanne à votre lable. . .
Edouahd.
Oui, c'est d'un bon exemple. ..Celacncourage la vertu... la sagesse... maison ne tn'attenclait pas... etricnn'estdisposé...
SCÈiNE VIII.
Les Pre'cédens, LABR ANCHE.
r.ABR ANCHE.
Monsieur Fronlin... le dîner est prêt
EDOUARD
Comment, le dîner...
FBONTIN, a part.
Ah! le butor...
LABRANCHE
Oui!... un dîner que monsieur Frontin a commandé par ordre de monseigneur , tout ce qu'il y a de plus délicat... Et deux couverts.
EDOUARD, a Frontin.
Deux couverts! Toi, qui tout à l'heure blâmais-.. Par exemple, mon ami... voilà une surprise... une attention. (« part). Il n'y a que ce coquin-là pour penser à tout... {haut). C'est bien, nous dînerons .sous ce feuillase... Denise, vous ne mereluserez pas...
DEVISE
Mais, monseigneur , et ma tante...
Je vous reconduirai chez elle... (à Labranche), Que l'on tienne la calèche prêle... aussitôt après le dîner...
T^ABRANCHE.
Elle Test, monseigneur.
EDOUARD
Comment...
I>ABRANCHE.
Monsieur Frontin avait fait atteler par ordre de monseigneur.
EDOUARD, stii[)('fiiit d'admiration.
Ah! çn, Frontin... cVst liop forl... je ne pourrai jamais payer un domestique eotnmc celui-là... {lui donnant une autre houn.e). Tiens, mon garçon.
FRONTIN , "a part.
DJeuTC !... quelle situation. (7/ met labourse dans sa poche d'un air de désespoir). Mais, monsieur, que va penser la lanl** décrite petite (ille...Ellc la croira perdue... enlevée... ou quelcpic chose comme cela... moi... je me ligure son inquiétude.
EDOUARD
Tu as parbleu raison... inon ami, tu vas sur le chan-p
( i5 ) aller la prévenir qu'ellepeul être tranquille-, que sa nièce...
FRONTl>f , troublé.
Moi... monsieur... pourquoi pas plutôt, {regardant un autre damealique ).
EDOUTRD.
Oh ! tu expliquera.? mieux... toi , tu sais Joniicr une couleur, une tournure aux choses.
FJIONVIN.
Coniintnl. . monsieur...
ÉnOUARD.
AïK : P'auciei'ille de la Belle Fermicre.
Oui, pour sortir d'embarras , Je sais que ton adresse est grande.
Kh bien .'. . ne m'entends-tu pas...
Obéis , quand je le commande.
FRONTIN, a part.
Par quelque nouvel a5saut , Mettons mon maître en défaut...
Le péril presse.... Allons, il faut
Détourner la tempête Qui déjà gronde sur ma tète.
( Il sort en faisant det, nignes à Denise.)