SCÈNE XVIÏI KT DERNIÈRE
Les Précédens , EDOUARD ,
EDOUARD , sévferemcnl.
Vous voilà encore ici , monsieur Fronlin. Vous savez cependant ce que je vous ai dit tout à l'heure. Voua n'êtes plus à mon service.
yi\aNTlN , a part.
C'est fait de moi.
DENISE
Comment, monseigneur, vous renvoyez mon mari.
EDOUARD , à part.
Son mari... Elle y tient.
VA COMTESSE
Et pour quelle raison , mon ami , renvoyez- vous ce pauvre garçon?
BDOUARD.
Pour des raisons... des raisons très-graves... que ie ne puis pas vous dire... Mais Frontin me comprend très-bien.
FRONT/N
Moi, monsieur, je puis vous assurer que j'ignore... et je vous atteste, madame la Comtesse...
LA COMTESSE, bas à Frontin et a Denise.
C'est bon ; vous savez que jamais il ne se met en colère, cl demain, sans doute, il sera calmé. Retirez-vous tous deux, (au comte). Vous leur permettez bien , au moins , de passer çetle nuit au château?
EDOUARD
Quoi, vous voulez. . .
LA COMTESSE
Vous ne me refuserez pas cela. Allons, mes enfans , à demain! Vous savez quelle est la chambre qu'on vous destine?
DENISE , pleurant.
Oui, madame, nous y allons. Viens, Frontin.
EDOUARD
Comment, madame, vous souffrirez... Vous les laisses, partir.
LA COMTKSSE.
Ce n'est pas moi, c'est vous qui en êtes cause.
DENISE
Oui , c'est vous qui serez la cause de tout ce qui va arriver.
Ah ! c'en est trop. Eh bien! puisqu'il faut vous le dire^ apprenez donc qu'ils ne sont pas mariés.
LA COMTESSE
Ils ne .sont pas mariés!
EDOUARD
Non, madame; laisscz-lcs s'en aller maintenant.
DENISE
Eh bien! qu'esl-ce qu'il dit donc. Il ne sait donc pas... {^Frontin lui fait signe de se taire").
LA COMTESSE
Comment, cette petite fille qui avait un air si doux , si ingénu. Que m'apprenez-vous là?
I ÉnOUABD.
L'exacte vérité. Je venais de découvrir que ce maraud là nous avait trompés-, voilà les griefs que j'avais contre lui, et dont je ne voulais pas vous parler, sans cela , vous sentez bien que je ne l'aurais jamais renvoyé. Celte petite fille était charmante et vous convenait beaucoup .. moi, je tenais à Frontin,mais d'après ce qui s'est passé, nous ne pouvons tolérer...
FRONTIN
Comment, monsieur, il n'y a pas d'autres raisons. Eh bien! rassurez-vous, la morale est satisfaite, car je puis heureusement vous prouver que Denise est ma femme!
Oui, encore une histoire !
FRONTIN
Oh ! monsieur, celle là est authentique, (^tirant le contrat de sapovhe) , car elle est par-devant notaires, (^lui donnant) Lisez plutôt...
EDOUARD
Que vois-je? « Pardevant Martin et son confrère... Sont « comparus Marie-Amaiid-Constant Frontin. »
FRONTIN
Mes noms et qualités !
FRONTIN, lisant toujours.
» Intendant de monsieur le comte de Granville » {le regardant). Intendant. « Et Angélique-Denise Gervais... »
{regardant à la fin de Pacte).
Suivent les signatures et celles'des'témoins... Ah ça, estce que par liazard tn aurais dit une fois la vérité...
FBONTIN.
Il y a commencement atout, monseigneur. (ia.s). Vous voyez donc bien que je n'allais pas sur vos brisées, et que c'est vous, au contraire, qui alliez sur les miennes... ÉDuUAun , Las.
Au fait, ce pauvre Frontin devait faire une triste figure tantôt, la scrviclle.... sous le bras... Ah... ali...
FRONTIN , h»Ut. I
Oai, monseigneur, je n'attendais qa'nn moment favorable ; je n'avais pris snr moi cet acte que pour prier mon- \ sieur le Comte et madame la Comtesse... de me faire l'iion- j neur de signer au contrat. j
EDOUARD. I
J'entends , afin de ratifier ta nomination à cette place d'in- j
tendant que tu l'es dounëe... i
LA COMTESSE
Vous la lui aviez promise... j
EDOUARD
En effet, c'est une place qui convient à un liomme marie.
{^regardant Denise). Et puisque sa femme et lui vont habi- j
ter le château... qu'est-ce que je demandais, moi, que les \
convenances fussent respectées... Allons, que Frontin reste j
près de moi^ Denise auprès de... vous, et qu'il y ait dans le :
monde un bon ménage de plus. !
DENISE. j
Ail! ça cette fois-ci, est-ce pour tout de bon.
FRONTIN. I
Oui, madame Frontin.