FRONTIN, EDOUARD
EDOUARD
Frontin.,., ma femme est-elle partie?...
FRONTIN
Oui, monsieur .. Elle sera bientôt arrivée, car il n'y a qu'une lieue d'ici au château de madame votre tante.
EDOUARD
Oui... Elle a voulu aller voir cette bonne tante... Il y avait long-temps... Et puis , dès que cela lui était agréable... Certaincnien! , moi j'ai clé le premier... elle ne revient que dans trois jours, n'est-ce pas?
FRONTIN
Oui, monsieur... Elle l'a dit en partant...
EDOUARD
Elle est charmante... ma femm(>! bonne, aimable... spirituelle.., et jolie... Sais-tu Frontin que j'en suis toujours amoureux...
FRONTIN
Vous, monsieur!
EDOUARD , froidement.
Comme un fou. ..Et depuis six mois que nous sommes en fermés lôte-à-téte dans celte campagne...
PBONTIN.
Trois mois, monsieur.
KDOUAKD.
Tu crois .. Qu'importe... le temps n'y fiit rien... Depuis trois mois, jamais , je crois, je ne l'ai trouvée plus aimable... Tout à l'heure, quand elle est venue me dire adieu!... Si tu savais quelle inquiétude elle avait ponr ma santé... Pauvre petite femme.
Air : Je loge au quatrième étage.
Ma femme a vraiment du mérite.
FRONTIN
C'est ce qu'on répète en tous lieux.
EDOUARD
Tous les jours je me félicite D'avoir formé de pareils uœuds.
FRONTIN
Al) ! vous ne pouviez faire mieux.
Chacun bénit ce mariage Qui doit, dit-on, fixer enfin I.e IjonJieur dans votre ménage Et le repos chez le voisin.
EDOUARD
Ah ! pour ça... je puis bien jurer qu'à présent... Dis-moi, Frontin... qu'est-ce que nous allons faire pendant sou absence?... Moi, je ne suis que devenir...
FRONTtN.
II me semble que monsieur est liabillé , et prêt à sortir...
EDOUARD
Oui... Mais faut-il que je sorte?
FBONTJN.
Comment donc^ monsieur^ ça vous distraira.
EDOUARD
Eh bien! à la bonne lieure, je vais me promener quelques iustans...
FRONTIN
Ah!...
noor.vuD.
Frontin, je rentrerai peut-être un peu tard ; il serait jncnic possible que. . Dans tous les eis qu'on ne m'attende pas.
FRONTIM.
Ah !... ah !... ( en confidence^ Suivrai-je, monsieur.
EDOUARD
Non... [gauncnt ) Non, non. j'aime autant que tu restes... Tu prufitrras de ces deux joni's pour faire décorer le salon de ma femme... Tu sais comme elle le désirait .. Des vases de fleurs, "des candélabres... Ah !... tu auras soin aussi de lui avoir une fommc de chambre dont elle a besoin , afin qu'à son retour elle ail le plaisir de la surprise , et voie que nous n'avons pas cessé de penser à elle.
FRONTIN
Ali! monsieur... Vous ètc.s le rhef-d'œnvre des maris...
F.nOUARD.
Adieu!... Frontiii... j'aurai peut-être besoin de tes services... Tu es garçon, toi... tu es célibataire... ou peut .«-c fier à toi.,. Allons... allons... nous verrons.
Air : Vaudeville des detix Matinées.
Ici , de ma confiance Reçois un gage nouveau :
Je permets qu'en mon ahsence , Tu conunantles au château.
FKONTIN.
Je suis donc proprie'taire...
EDOUARD
Te voilà maître anjourd'luii De la maison tonte entière.
FRONTIN
La cave en est-elle aussi.
EDOUARD , souriant.
Allons , la cave en est aussi.
Ensemble.
EDOUARD
Je pars, etc.
FRONSIK.
Ici , (le sa confiance J'obtiens un gage nouveau.
11 permet qu'en son absence , Je sois maître du château.
( Edouard sort. )