ANETTO, P »i. PAULINE
Au lever du rideau, Zanotto, étendu dans un fauteuil. Entre Paulin*’ par la fauche.
PAULIN E
Vile, Zanetto, vile... il faut aller chez M. <lc Valréas. Vous lui ilirez qu’il devait venir déjeuner et qu-'on. l’attend.
ZANETTO
Et où avez-vous pris, mademoiselle Pauline, que le métier de Zanetto fût de faire dns courses?
PAULINE, riant.
.Mais quel est dutic au juste le métier de Zanctto ?
• l’dulinr, Ziinotto.
ACTK QUATRIÈME
ZANETTO
Le métier de Zanetlo est de porter avec grâce le costume national de Venise ; le métier de Zanclto est de chanter avec une jolie voix les vieux airs du pays... Cependant j'irai chez le seigneur comte pour vous être agréable...
PAULINE
Et parce que, là, vous êtes bien sûr d’attraper un peu d’argent...
ZANETTO
Quand cela serait, pauvre Venise ! (il se lève et regarde autour a« tnt.) Comme tout cela est beau maintenant, comme tout cela est magnifique! En moins de si x semaines, la signora votre maîtresse a su rendre à ce palais sa splendeur d'autrefois... Ali! si !cs Barberini pouvaient revenir, ils seraient flattés... Seulement... .
PAULINE
Seulement?...
ZAN ETTO.
Grandes habitudes, la signora... Acheter beaucoup, et, pour le prix, Taire attendre; c’est très-bon à Paris, cela, parce qu'à Paris les marchands sont riches... mais ici... Ah ! pauvre Venise !... Il y a surtout.ee malheureux... un vieil ami de mon père... Malleo Slromboli...
Est-ce qu’il vous a chargé de?...
ZANETTO
Ah! povero!... Vojci sa note.
PAULINE
Ah !
ZANETTO
Douze cents francs... Une misère pour la signora... une fortune pour ce pauvre Malleo...
PAULINE
Bien. (Elle prend l> note). Kl maintenant, allez où je vous ai dit.