ACTE PREMIER
YALRÉAS.
C’est vous qui (tes jolie, très-jolie... cl beaucoup plus que très-jolie... et puis quand vous avez sauté ce fossé tout à l’heure, voire jupe s’est un peu enlevée, ctj'ai vu un si joli petit, petit pied.
Cl LR K R TE.
Vous dites ?
VALHKAS.
Je dis que vous avez le pied petit... et j’ai bien raison, regardez...
Il regarde le pied de Gilbert**, qui déporte un peu le bord de sa jupe.
GILBERT K
Ab!
Elle retire son pied.
YALRÉAS.
Osez donc un peu dire qu’il n’est pas tout petit ; osez le dire, mademoiselle Froufrou...
GILRERTK.
D’abord, je vous défends de m’appeler Froufrou.
Puisque c’est votre nom...
GILRERTE.
C’est mon nom pour papa, c’est mon nom pour ma sœur Louise... mais pas pour vous...
VALRÉ AS.
Si, pour moi aussi, pour moi... De quel nom vous appellerai-je, qui, mieux que celui-là, convienne à la délicieuse petite personne pour laquelle il semble avoir été inventé ? N’est-ce pas vous tout entière, Froufrou? Une porte qui s’ouvre et tout le long de l’escalier, un bruit de jupes qui glisse et descend comme un tourbillon... Froufrou... Vous entrez, tournez, cherchez, furetez, rangez, dérangez, bavardez, boudez, riez, parlez, chantez, pianotez, sautez, dansez et vous vous
en allez, Froufrou, toujours Froufrou, et je suis bien sur que, pendant que vous dormez, l’ange qui vous garde agite doucement scs ailes, avec ce joli bruit: froufrou !