I. 0 l' ISE
Oui... par vous... frai>r)<''e par vous! vous vous êies vengé... c'est bien ; mais ajirùs s'être vengé, Ton pardonne.
SARTOR VS
Je ne le peux pas...
LOUISE
L'expiation n'a-l-elle pas été assez dure? et ce qu'elle a souffert...
S.ARTOR VS.
Ce qu'elle a souffert !... Regardez autour de vous... La maison déserle, l'enfant abandonné... Regardez-moi el dites, d'elle ou de moi, lequel vous paraît avoir souffert le plus?...
LOUISK.
Le bien qu'elle faisait auiour d'elle...
S.\RTORVS. *
Eh ! que m'importe le bien qu'elle a fait à d'autres ? Cela l'empêthe-t-il de m'avoir fait du mal, à moi ? Pourquoi lui pardonnerais-je à cause du bien qu'elle a fait aux autres? liiez-vous demander aux piuvres qu'elle a soutenus, aux malades qu'elle a soignés, de la maudire à cause du mal qu'elle m'a fait"?
LOUISE
Elle vous attend, et elle meurt...
SARTORVS.
Est-ce un mensonge que vous me demandez?... Oui, si c'est un mensonge, je puis faire ce que vous voulez. Je puis dire qui! je pardonne, bien que le pardon ne soit pas dans mon cœur... Mais si vous exigez autre ctiose... non, c'est impossible; la blessure fut trop cruelle et ma douleur est trop grande...
LOUISE
Une douleur plus grande a pardonné ccpendatU. . * Sartorys, Louise.
SARTORYS
Une douleur plus grande que la mienne?
LOUISE
Plus grande que la vôtre.
SA RTORYS.
De qui parlez-vous donc V
La faute en est à vous, si je dis de telles choses et si j'évoque de tels souvenirs! Je parle de cette mère...
SARTORYS
Louise...
LOUISE
Dont vous avez tué le fils...
SARTORYS
Ah!
LOUISE
Elle a vu Gilberte mourante... Et Gilberte mourante l'a suppliée de lui pardonner, à elle, et de vous pardonnrr, à vous...
SARTORYS
Et cette mère a pardonné?...
LOUISE
Elle a pardonné.
SARTORYS
Non. Cela n'est pas...
LOUISE
Elle a juré devant Dieu qu'elle pardonnait !
SARTORYS
Ah ! vous autres femmes, vous avez la relii;;-ion qui vous aide à faire ces clioses-là...