ACTE PREMIER
suis jcL(î lôLe baissée... ei me voici... un peu plus tard que d'habiiude, cela est vrai, mais me voici...
LOUISE, riant encore, mais commençant à èlre émue.
Et le motif de ces hésitations ?..
s A R T 0 II Y s .
Ah ! c'est que j'éiais décide à dire aujourd'hui quelque chose... que j'ai grande envie de dire depuis trois mois... Voilà pourquoi je tremblais tout à l'heure, el pourquoi maintenant encore...
Mais si vraiment ce que vous avez à dire est si grave...
Ah!..
LOUISE
Peut-être vaudraii-il mieux attendre.
SARTORYS
Oh! non, il faut absolument qu'aujourd hui... je me le suis jiromis... mais avant de i)arler, j'ai besoin de me rappeler comme vous avez toujours été bonne pour moi...
LOUISE
Sans doute... m;iis cependant j'aimerais mieux... Vous devez bien comprendre que si vous, vous avez peur... il est tout naturel que moi...
Non, je parlerai... d'ailleurs votre père m'y a autorise...
LOUISE
Ah ! si mon père vous a..,
SARTORYS
J(; dis qu'il m'a autorisé... je ferais mieux de dire qu'il m'a signifié ([u'il fallait, avant tout, vous parler k vous...
LOUISE
Alors, ?
26 l-ROUFIiOU
SAIi TO II YS.
Ne l'avcz-vous pas deviné? j'aime...
LOUISE
Vous aimez V
Comme un fou, votre sœur Gilborle.
LOUISE
Gilb('rlc!...
SARTORYS
No le bavicz-vous pasV
LOUISE
Non, je ne le savais pa^.
SARTORY S, sans regarder Louise et comme se parlant à lui-même.
Il me semblait, à moi, que tout le monde devait s'en apercevoir...
LOUISE
Vo'js aimez ma sœur?...
Oui, cl voilà où je Tiis appel à celle amitié que vous m'avez toujours niOutrée ?...Vous clés la personne du monde en qui j'ai le plus de confiance... Uites-moi ce que vous pensez de cet aveu que je viens de vous faire cl si vous approuvez ce mariage...
LOUISE, à part.
Gilberie !..
SA u TOR VS.
Vous ne répondez pas...
LOUISE
Si fait, j'ai bien entendu... Vous aimez Gilbert', et vous me demandez, à moi...
SARTORY t.
Si vous approuvez ce mariage?
ACTI-: PRKMIIÎR 27
LOUISE, se Icvdijl.
.Mais... sans doute... jo n'ai rien dit, n'est-ce pas, qui put vous l'aire croire que je n'dtais pas disposée...
.^^ARTOUYS.
Non, mais...
J'approuve. . . j'approuve. . .
SAU TOR YS
Vous serez pour moi, alors"?
LOUISE
Oui... car je ne connais pas d'homme plus digne... je n'en connais pas qui puisse mieux que vous...
SARTORY'S, so levant et lui prenant les mains qu'elle relire avec avec une sorte de souffrance.
Merci., merci...
LOUISE, lentement et regardant Sartorys avec un sourire un peu triste.
Dans le premier moment j'ai été comme étourdie, vous savez... On a besoin de se faire à une idée; maintenant, j'y suis faite *. Et même, en y songeant, il me soiiible que vous êtes justement le mari que j'aurais choisi pour elle... Le mariage de Gilberte... bien souvent j'y avais pensé et quelquefois j'avais peur. Malgré moi, cette frivolité qui est en elle m'inquiétait pour l'avenir.. . .
SARTO l{ YS.
Oh!
LOUISE
lù cette idée ne m'élait pas venue que, |)our que cctic frivolité ne fût plus dangereuse, il suffisait de faire éj)Ouser à Gilberte un homme tel que vous.
Elle s'assied sur le canapr.
Ne disons pas de mal de ce que vous appelez sa frivoliu',
* Sarlorvs, Louise.
28 FROUFROr
je dois avouer quo c'est un peu à cause de celle Irivolilé que je l'ai aiinde... Je lu'eft'orcerai cejicndanl de l'en guéiir, si vous voulez, lualsdoucemeni, bien douccmenl. . .
LOUISE
Comme vous l'aimez ! . . .
Oui.
LOUISE
Mais pourquoi csl-cc à moi que vous venez?.. .
Votre père m'a dit que c'était à vous qu'il fallait m'adresse r,
LOUISE
Ah !... E!i bien ! vous m'avez dit ce que vous aviez à me dire, je vous ai répondu... maintenant. . .
Ce n'e.st pas tout. J'ai quelque chose encore à vous demander. , .
Il s'assied.
L OU ISE.
Quoi don; "?
SARTORYS, suppUant.
Vous lui .. vous lui parlerez...
i.o t'isi:.
Ah!
Si j'essayais de parler moi-même, il m'arriverait ce qui m'est arrivé tout à l'iieure... Je n'oserais jias, je me sau\crais. . ou bien si je me décidais... ce ({ue je dirais sérail plus désaslreu.x peut-être que mon silence. . . Elle serait capable de rire, et alors. . . J'aime mieux que vous lui parliez, vous. Dites-lui de moi tout le bien cpic vous pensez, et même