ACTE TROISIEME lOo
femme que la sœur... est-ce que lu ne trouves pas? Cette liorreur du monde, celte inexplicable rfîsolulion de ne pas se marier... Elle n'était pas ainsi autrefois.
GILBERTE
Non, certes...
BRIGARD
Veux-lu que je te dise, moi, tout ce que je pense? Louise a dû aimer quelqu'un...
GILBERTE, très-émue.
Ah !
BRIGARD
Louise a dû rêver un bonheur qui, tout d'un coup, d'une façon que nous ne savons pas, lui aura échappé...
GILBERTE
Mon père!...
BRIGARD, se levant brusquement après avoir regardé sa montre.
Songe à toul cela, réfléchis, et vois toi-même si ce que je le (lis ne paraît pas vraisemblable.
Il va à la cheminée prendre sonchnpeauet arrange ses cheveux devant la glace. GILBERTE, le suivant.
En effet, mon père, en effet...
BRIGARD
Eh bien .'... Tu dois comprendre que moi, je ne peux pas, un père... mais loi, tu pourrais parfaitement... Entre femmes, entre sœurs, on se dit bien des choses que l'on ne dirait pas... Tu devrais, loi, l'interrog'er doucemeni...
GILBERTE
Moi?...
BRIGARD
Tu devrais essayer de le découvrir, ce gros secret...
GILBERTE
Moi, vous voulez que moi !...
i06 FROUFROr
uaiGA nn.
Tu devrais enfin lir répéter ce que lu disais tout à l'Iiouro, que monsieur de Villaroël est un homme cliarmaul cl qu'il faut absoluoicnt qu'elle consente à ce mariage. .
GILBERTE, avec résolution.
Oh ! quant à cela...
blUGA ni>.
ïu le lui diras...
Ils rcdescenrlent.
G ILBE KTE.
Oui, je le lui dirai.
BRI GARD
Tu feras tout au monde pour la décider ?
GILBERTE
Oui, tout au monde, et je la déciderai.
BRI GARD
Tu crois?
J'espère.
BRI GARD
El de deux alors, voilà qui est arrangé. Puisque lu le charges de loul, je n'ai plus, moi, besoin de m'occuper de rien. Voilà encore que tu ris... (.Mouvement de GiiLerie.) Ne me dis pas non, tu as ri... Oh ! je ne l'en veux pas... va! Cela me remue si doucement le cœur de te voir rire... Quand je le vois (deurer, par exemple, comme tout à l'heure... oh ! alors je me sens loul... Il ne faut pas que tu sois malheureuse, Gill)erte, il ne le faut i-as... Tu vas comprendre pourquoi. Je no me fais pas d'illusions, quant à moi ; je sais très-bien que, comme père, je manque un peu de... mais enfui, tant que tu es heureuse, je ne suis qu'un père... léger, tandis que si lu t'avisais d'être malheureuse... ( Tit-s-sérieusemeni. ) Sais-tu bien que si lu l'avisais d'être malheureuse, je serais, moi, un père