ACTE CINQUIÈME
GlLnERTR.
Tout de suite, et amenez-le moi vous-môme. Tu pleures, pauvre père ".'
Snrlorys revient avec Georges.
GEORGES avec joie *.
Maman...
GILBERTE
Georges, mon tils...
Elle le prend et le lient longuement embrassé. GEORGES.
Te voilà revenue !...
Oui., mais pas pour bien longtemps, je crois, mon Georges.. . Laisse-moi l'embrasser encore... encore une fois... (Elle embrasse son fils ù plusieurs reprises.) El maintenant, Louise... viens
ici, Louise... (Elle mot Georges dans les bras de Louise.) Il CSt à
loi... je te le donne...
LOUISE
G liberté !...
GI L BERTE
Oui, à loi... (Montrant Sartorys.) Et lul aussi... prends-les tous les deux... Déjà une fois, ici même... je l'ai ditune phrase pareille. Pardonnez-moi lou?...
LO UISE.
Ah!
GILBERTE
Tous les deux... venez ici et promettez-moi... (.Montrant Georges.) A causc de lui, il le faut...
* Brigard. Gilberte, Georges, Sartorys, Louise, Pauline, la gouvernante. Louise est agenouillée devant le canapé, Sartorys est derrière.
SARTORYS
Vous ne mourrez pas!... c'est impossible.
GILBERTE
Ne pas mourir!... (Regardant tous les siens qui l'entourent en pleurant.) Ah ! mainlcnant, ce serait vraiment dommage!. .
BRIGARD
Malille!-.
GILBERTE
Ne me plains pas... pauvre père... A quoi devais-je ni'altendre? cà mourir abandoimée, dé.-espcice... Au lieu de cela, je meurs au milieu des miens, tranquille, heureuse...
SARTORYS
Ah ! ce n'est pas à "vous qu'il faut pardonner, c'est à moi .. à moi qui n'ai pas su...
GILBERT E
Vous i)ardonncr! qioi?..de m'avoir trop aimée... (Montrant Louise et Brigard ) Ccla aura été mou malheur, à moi, tout !c monde m'aura trop aimée...
LOUISE
Gilberte!..
Gl L BEKTE.
Et c'est à cause de cela fjue 'y. meurs.. Et c'est à cause de cela aussi que je meurs si doucement, (se laissant aller.) Ah !
TOUS, la croyant morte.
Gilberte !..
GiLHERTE, relevant un peu la tète.
Est-ce cela qui esi la mort , mon Dieu? comme cela me parait peu deciiose!... Louise... où es-tu, Louise?. ..Viens que je le dise tout bas... Quind j<! serai morte, il faudra me faire belle comme je l'étais autrefois... (.Montrant sa robe noire.) Celle robe noire... non .. Tu prendras [laimi mes robes de bal..une robe blanche... la jupe e.-^t toute couverte de petites roses... C'est celle-là que je veux... ei vo s verrez comme je
V'-TI' CIXnUlKME H)3
serai jolie ol comme une fois encore vous retrouverez Froufrou!
SARTORYS
Âh!
Vous voyez, toujours la même... Mon fils!. ..Vous me pardonnez, n'est-ce pas?... Froufrou, pauvre Froufrou !
Elle meurt.