SCÈNE II GILBERTE, PITOU
GILBERTE
Vous n'avez pas perdu de temps, monsieur.
PITOU
Dès que j'ai su que c'était à mada ne qu'il s'agissait d'être agréable...
GILBERTE
Vous me connaissez ?
PITOU
Ah! très-bien, madame.
GILBERTE
Comment?
PITOU
Un soir, peudant un ealr"acte, mAdemoiselIe Chirloite examiuail la salle par le trou de la toile ; elle a appelé monsieur Greluche et lui a dit, en lui montrant une avantscène : Tiens, voilà madame de Sartorys.
GILBERTE
Ah!...
PITOU
Alors, moi... (Avec respect.) quand monsieur Gre'uche a eu fini de regarder, j'ai regardé à mon tour... Voilà comment je connais madame... Je connais aussi le père de madame je l'ai vu bien des fois chez le concierge de notre théâtre. II attendait...
GILBE RTE, l'intcrrompont.
Et VOUS m'apportez ?
PITOU
Indiana et Charlemagne. J'apporte à madame le rôle d'Indiana écrit de ma main. Si madame ne connaît la pièce que par la brochure, il est bien évident que madame ne peut pas se faire une idée... Voici le rôle vrai... J'ai mis les traditions en marge...
GILUEKTE.
Les traditions?
l'iroL.
Comme qui dirait les farces que les artistes qui ont jo.ué la pièce ont ajoutées à leur rôle.
CILBERTE.
Ah!... c'est très-bien... il nous faudrait aussi la musique.
PITOU
Je l'ai fait copier...
GILBE RTE, parcourant le rôle.
Air... Galop du Tourbillon... Qu'est-ce que c'est que cet air-là ?
PITOU
C'est de monsieur Musard... le père !.. Voici madame...
Il fredonne quelques mesures.
Est-ce que je saurai chanter cela, moi?
PITOU
Oh 1 la voix de madame ne peut pas être plus fausse que celle de mademoiselle Charlolie, et vous voyez cependant...
GILBERTE
Mais je n'ai pas du tout la voi.x fausse !