‹ Froufrou;Chapitre 9 sur 111 · ACTE PREMIER il · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER il

^'0US avez Onvio de vous marier? .. (Vairéas incline la tète) cl

vous songez à épouser?...

VAL RÉ A s.

Complètement... la ravissante petite comtesse que nous aurons-là, baronne, et le jour où.clleet moi, nous nous marierons, quel joli mariage !

LA BAUOXXE.

Musique d'Offenbach?

VALRlî AS.

Pourquoi pas? Et puis, j'ai pour prendre ce parti des raisons... comment dirais-je?... des raisons topographiques

(Remontant vers la gauche} * Là-bas, à droite, qu'est-CC qUC VOUS

voyez? le château de notre ami Sartorys; là-bas, (Montrant la droite), à gauchc, mon château à moi, et ici, un troisième château, les Charmereltes, qui, il y a deux ans, était à vendre et que Brigard a acheté. Est-ce que cela ne vous frappe pas, baronne, ce père venant avec deux filles à marier, s'installer au boau miheu de... deux célibataires? si, n'est-ce pas?

vous êtes frappée... (La baronne s'assied sur le canapé) VouS trOU-

vez comme moi que jamais la Providence n'a, d'une façon plus claire, manifesté ses intentions... Ni Sartorys, ni moi ne les contrarierons... nous épouserons... et quel spectacle si, d'aventure, nous épousons le même jour ! Premier n;ariage : mademoiselle Louise Brigard avec M. Henri de Sartorys... musique de Haydn... admirable assemblage de raison et de sagesse... Deuxième mariage : mademoiselle Gilberte et votre serviteur... admirable assemblage de... tout le contraire.

Ah ça, mais je tombe des nues... oiî prenez-vous d'abord que M. de Sartorys aime Louise, et qu'il veuille l'épouser?

* Valréas, la baronne.

VALRÉAS

OÙ je prends?

LA BARONNE

Oui...

El pourquoi lui , qui jamais ne- passait à Sarlorys plus de quinze jours, y aurail-il passé, cotle année, quatre grands mois?. . Pourquoi, s'il n'aimait pas Louise et s'il ne voulait pas l'épouser, viendrait-il ici tous les jours?

LA BARONNE se levant.

En étes-vous là?... Ce scrail à croire' que réellement vous êtes amoureux.

VALRÉAS

Que voulez-vous dire ?

LA BARONNE

Rien !

Entre le baron par le fond à gauche. Il porte en sautoir une boite de fer-blanc comme en ont les botanistes.}

S CI-: NE V Les MÊMES, LE BARON*.

LE BARON

Me voilà, moi...

VA LRÉA S.

Bonjour, mon cher baron, qu'est-ce que vous nous rapportez là ?

LE BARON

Quelques pierres el quelques fleurs, (a la baronne,) Kn voici une que j'ai ciioisie pour vous, chère amie...

* Le baron, la baronne, Vulrôa^.

ACTK PREMIKU 13

LA BAKONMi.

C'est très-bien, mais quVsi-cc que je vous avais dit?

\.K ItAUON.

A moi?

LA BARONNE

Ne vous avais-je pas dctcndu do paraître de\aut moi avec celte abominable boite de fer-l)ianc?

LE BAKOX.

Parfaitement exact, ma chère amie, vous mo l'aviez défendu de la façon la plus foriuelle. Je vais la déposer dans l'antichambre.

Il sort.

Page 1