‹ Froufrou;Chapitre 99 sur 111 · ILI>ERTE · texte numérisé non relu

ILI>ERTE

Ouehiue chose à terminer?...

S.VRTORV.S.

Oui... il s agit de... (ll chancelle, s'appuie sur le dossier du fauteuil, Gilberte veut aller à lui ; il l'arrête du geste.) Cc n'Cït rieu...

je VOUS demande paxdon... .le suis encore 1res... J'ai la gorge PU 'eu... je puis à i)cinc parler... de l'eau... ji; voudrais...

GILliEUTE.

D .' 1 eau... (Elle va à la table, iiinl de l'eau dans l'un des deux verres et revient vers son mari. . Celui-ci a vu les deux couverts, il les montre à Gilberte et repousse le verre. Gilberte recule désespérée et reuiet le verre sur la table.) Mon DieU !

ACTF QUATI{1Î:A!I' lit

SAHTOU \ s.

11 s'agit de volrc fortune.

De ma fortune?...

Oui... (le votre îlot... Cet argent que vous avez renvoyé, il faut que vous le repreniez. Je ne veux pas que vous soyez exposée A...

r.IMJKRTE.

J'ai répondu déjà. .

SARTORYS

Je sais... je sais... il faudra C3pendant...

GILBKRTE

N)n, vous dis-jo, je ne reprendrai rien...

SARTORYS

Me forcerez-vous donc à vous donner une autic raison?

(Gilberte le regarde d'un air effrayé.) Je nC \eux pas que niOU flis

ail un sou de cette fortune .. Je ne veux pas... vous entendez.

GII.RE RTK.

Ah!

SARTORYS

Et comme il ne fallait pas qu'une autre [lersonnc- eût à vous dire... je suis venu moi-même... et je vous laisse ceci.

Il dépose ui) pli cac'ii'lé sur le guéridon et t'ait un pas pour sortir. GILRER TE.

Vous partez?

Oui, maintenant que lout est terminé comme je le voulais...

Gif. BERTE.

Vous allez vous battre?...

SARTORYS

O.ii certes, je vais me batire... Et je vous jure bien (]uc si

j'avais eu assez de force pour venir plus lot... Vous n'en doutez pas, je suppose?...

G! I. IJERTE.

Vous ballre!... à cause de moi... Deux hommes s'entreluer... à cause de moi, Froufrou !... Esi-ce que cela est possible?... Songez donc, Froufrou!... des fêles, des chiffons... loute ma vie était là... C'est pour cela que j'étais faite... pour cela seulement. Qui donc m'a jetée au milieu de ces choses, si terriblement sérieuses et qui m'épouvantent! (il veut sortir, elle l'arrête. *) Vous ne VOUS battrez pas!... Un hommc comme vous se battre à cause d'une femme comme moi !... Voyez-vous, vous m'avez toujours |)lacée beaucoup plus haut qu'il ne fallait... .Je m'en apercevais bien... et je ne disais rien... j'avais tort. Mais je ne vous laisserai pas aller jusqu'à tuer un homme... Non, je ne veux pas!... je ne veux pas!... Ah ! je n'oublie rien... mon Dieu! Ce que j'ai fait, je pourrais dire cependant que je ne l'ai fait que dans un moment de folie... Celte scène avec Louise... Ah! je sais maintenant que j'avais tort et j'en demande pardon... Pourtant, si cette scène n'avait pas eu lieu, moi, je n'aurais pas... Mais je ne veux pas chercher à me défendre... Vous devez vous venger... Oui, je le comprends... Vengez-vous donc, mais autrement... Vous battre?,., non... quant à cela, je vous l'ai dit, jo ne veux pas!... Mais n'esl-il pas d'autres moyens de satisfaire votre honneur?...

s A UT OR V s.

Mon honneur !.

(;l LBK KTK.

Le monde!... Mais vous savez bien que, quoi que vous puissiez faire, le monde ne doutera jamais do votic cour ige.

SA UTO UV S.

Ah ! vous vous Irompcz bien si vûu:î croyi z que c'est de * Sarlorys, Gilbertf.

ACTH (jUATi; ii:.Mi': li.}

mon hoiinoiii- qu'il s'agit m;.iiitoiiaiil, et qiio jo m'occupe un instant de ce que le monde a pu penser de votre tauie oi de ce qu'il pourra penser de ma vengeance !... Je ne suis pas un mari qui vient tuer l'amant de sa femme... Je vous aimais; vous m'avez trahi parce que vous en aimiez un autre... et je vais essayer de tuer ctH autre. Voilà tout. Cola est net.

Il so dirige vers la porte, r. IL BERTE.

Non, non... je ne veux |ias... iMoi seule je suis coupable! Écrasez-moi... mais moi, moi seule !...

Elle se cramponne à lui. Il essaye île se dégager. !^ ART OU Y S.

Laissez-moi...

(il LU E RTE.

Quelle vengeance vous t'aut-il?... Voulez-vous ipie, moi. je disparaisse?... Ah! je ne parle pas de mourir.. Je n'( n aurais pas le courage... mais il y a dos cou'onts... Tenez... tout près d'ici, justpmont, il y en a un.... Plusieurs fois, en passant devant, j'en ai regarilé la porle. J'y [aiis aller frapfior... Vous-même vous pourrez m'y conduire... Celte poite retombera sur m>i... et jamais, plus jamais, l'on n'entendra parler de la femme qui vous a offens^d.

S.\1;T0P>Y5, essayant toujours de se dégager.

Voyons... je vous ai d't...

GILBERTE. '

N'est-ce pas assez, cela... mon Dieu ! Si ce n'e^t pas assez, cherchez un autre châtiment, ..'J'accepte tout. (Jui, tout, vous entendez... Mais ne me condamnez pas à vivre avec celle horrible pensde qu'un homme c-l mort à cause de moi !...

SARTORVS, essayant d'écarter les doigts do Gilberte.

Tout Cela est iniuile...

<; I L lî E R ï F .

Par grâce... par pitié !...

s \UTOU YS.

Non !

GII.DERTE.

Ilonri...

SARTORYS, clierchnnt A se (i^b.irrnsscr d'elle pnr In force.

Ah!

GILR/. RTi;, folle , nieurante.

N'y v.i pas, je t'aimerai !...

SARTORYS

Ah ! ah !

nilo s'est évanouie en tenant tonjo.irs les nviins de son mari Celui" ri fait quelques pas avec elle; il finit enfin par écarter les doigts crispés de Gilberte. Celle-ci alors tombe sur le canapé. Sartorys va pour sortir. An fond de la scîni' il s'arréie, revient, regarde Gilberle évanouie ri pendant quelques instants demeure éperdu. La baronne parait sur le seuil de la porte. Sartorys alors, sans rien dire, lui montre Gilberte et sort.

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