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Funérailles de M. le bon Larrey

Si la mort du Juste est un malheur pour sà famille et pout ses amis, cetté mort est uné calamité publique lorsqu' elle frappe dans le prand citoyen un modèle accompli parmi les

hommes qui honorent le plus leur profession, parmi ceux qui

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(2) se dévouent à leur patrie, parmi ceux enfin qui consolent j'humanité et donnent de grands exemples de courage et de vertus.

La perte récente du baron Larrey porte tous ces caractères, et l’histoire de sa vie est une longue série d'actions honorables, de bienfaits, de dévouement à son pays et à l'humanité tout entière.

Jean-Dominique Larrey naquit, en 1766, dans le petit village de Baudeau, près de Bagnères-de-Bigorre. Il perdit, encore enfant, son père et sa mère, et dut au généreux intérêt de l'abbé Grasset sa première éducation. Mais bientôt un oncle paternel, qui exerçait la chirurgie à Toulouse, l'appela près de lui pour diriger ses études classiques et le faire entrer dans la carrière médicale. M. Larrey n'avait que quinze ans lorsqu'il devint le disciple de son oncle. Il consacra sept années à ses études médicales élémentaires, et vint alors se présenter à un concours pour une place de chirurgien de la marine royale; il fut nommé, et partit de Brest, en 1787, pour les colonies, à bord de la frégate {a V'igilante. 11 donna, dès son entrée dans la carrière chirurgicale, des preuves de son zèle et de sa judicieuse prévoyance. |

Revenu bientôt après en France, il fut témoin de cette tourmente révolutionnaire qui devait à la fois tout détruire pour tout créer sur de nouvelles et de plus larges bases. Il vit sans effroi, dans l'espoir d’un meilleur avenir, ce volcan terrible dont le cratère immense vomissait de toutes parts des torrents d’une lave brülante, renversant tout sur leur passage, mais en même temps fécondant tout ce qu'ils avaient

touché

Attaché, comme chirurgien interne, à l'hôpital des Invalides, il fut, au bout de quelques années, muni d’un brevet de chirurgien aide-major, et partit pour l’armée du Rhin. I appartint dès lors à ces armées admirables qui, manquant de tout, mais transportées par le plus noble enthousiasme, repoussèrent au loin ces hordes étrangères qui venaient envahir et souiller le sol de la patrie.

M. Larrey prit bientôt une, part très-active aux améliorations qui furent introduites dans les ambulances de l’armée: partout où il était appelé on reconnaissait à d’heureux changements son activité et son amour du bien public. Il fit établir des ambulances volantes au moyen desquelles nos soldats recevaient, peu d’instants après avoir été blessés, les secours de la'chirurgie. Les services que rendait M. Larrey, avec ses ambulances volantes, étaient immenses, et déjà, en 1793, notre illustre confrère était signalé à la reconnaissance nationale : on lit dans le rapport du général de Beauharnais, après une bataille livrée devant Mayence, le 22 juillet 1793 : «Parmi ceux des braves dont l'intelligence et l’activité ont servi brillamment la république dans cette journée, je ne dois pas laisser ignorer l’adjudant-général Bailly, Abattuccr, de l'artillerie légère, et le chirurgien-major Larrey, avec tous ses camarades de l’ambulance volante, dont les infatigables soins dans les pansements des blessés, ont diminué ce qu'un pareil jour a d’affligeant pour l'humanité, et ont servi l'humanité elle-même en contribuant à sauver les braves défenseurs de la patrie. »

C'est sur la proposition de M. Larrey que les ambulances volantes furent attachées à l'avant-garde de l’armée commandée par son ami le brave et vertueux général Desaix.

(4) Si nous suivons notre confrère en Égypte; dans les déserts de la Libye, où l’armée française: était décimée chaque jour par la chaleur, par tous les genres de privations , et: où le soldat ne trouvait de loin à loin, pourse désaltérer, qu'un peu d’eau bourbeuse, nous verrons qu'au: lieu de. se munir pour Jüi de chocolat et de biscuit, d'après la recommandation du général en chef, M: Larrey s'était chargé de:linge, de charpie, de médicaments héroïques et de quelques: liquides spiritueux. Il pansait les soldats, ranimait leur: courage; réveillait ou soutenait leurs forces par un peu d’alcool qu'il portait toujours avec lui. 1

Écoutons le plus grand génie des temps modernes:et: le premier capitaine de notre siècle, parler de M. Larrey. Dans une circonstance mémorable, Napoléon dit à une députation des Pyrénées : « Votre concitoyen Larrey honore l'humanité par son désintéressement et son courage; il a sauvé un grand nombre de nos soldats dans les déserts qui bordent la Tibye, en’ leur prodiguant le peu d’eau douce:et dediqueur spiritueuse dont il avait le plus: grand'besoin pour . lui-même. »

M. Larrey a successivement apporté son infatigable aetivité dans tous les pays où nos armées victorieuses ont: promené le drapeau national : ainsi l'Allemagne ; la: Hollande , l’Italie, la Corse, l'Espagne, la Pologne, la Russie-ont admiré son zèle, ses talents et reçu des services de saiphilanthropie. |

En 1794, M. Larrey est nommé chirurgien en chef; ilarrive à Toulon, se lie d'amitié avec un jeune officier d’artillerie; dont la gloire devait; plus tard, étonner le monde, et jusqu'à la mort dû héros, il est resté fidèle à:cette: amitié:

Une ‘école de médecine et de chirurgie militaire venait d’être établie au Val-de-Grâce; M: Larrey y fut appelé en qualité de professeur: Cette école serait devenue célèbre et aurait rendu de grands services; mais, en très-peu de temps, professeurs’ et disciples furent appelés'aux armées. Plus tard cette école a été rétablie; elle brille sa Par de tout l'éclat que la première-avait'promis de jeter.

En-1798, M: Laärrey partit pour l'Égypte, et pendant les quatre années qu'a duré cette expédition, on sait quelles moissons: de gloire, quels trésors de science cette armée à rapportés parmi nous. M. Liarrey a publié sur cette campagne ‘une relation qui restera, comme sont restées les relations d'Ambroise Paré, avec lequel il avait plus d’une ressemblance. |

Nommé, en’ 1802, chirurgien en chef de la garde des consuls, il: fut compris, deux ans plus tard, dans la première ‘promotion des officiers de la Légion d'honneur. Il devint ‘successivement inspecteur général du servicé de santé et chirurgien en‘chef dela garde impériale. Enfin, en 1812, il reçut le titre de chirurgien en chef de la grande armée.

Dans les cent jours, M. Larrey reprit son service actif aux armées, et partit: pour Waterloo, où il fut blessé, fait prisonnier, et allait être passé par les armes, lorsqu'un jeune CN us en lui plaçant le bandeau sur lés yeux, reconnut en lui son ancien maitre!

N'ayant rapporté de tous ses services et de son continuel dévouement que de la gloire et la profonde estimé des glorieux débris de nos armées, M. Larréy traversa douloureüusement la périodé de la restauration. Le gouvernement de 18301le retrouva avec le même’ zèle, le même dévouement

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(6) à ses devoirs et à sa patrie, comme lorsqu'il était en Égypte dans le champ d’Aboukir ou au pied des Pyramides. C’est ce zèle infatigable que nous devons accuser de nous avoir ravi cet homme vertueux, plein de force et d'amour pour le bien. M. Larrey est mort à Lyon, en revenant de l’AIgérie, où 1l avait été envoyé en mission.

Nous pourrions vous retracer ici, Messieurs, tout ce que l'humanité doit à la philanthropie de M. Larrey pendant les circonstances les plus tristes, depuis la révolution de 1830, et surtout pendant l'invasion du choléra. Après avoir combattu ce fléau au milieu de la capitale, il alla, en 1835, porter son expérience et la sécurité au milieu des populations du midi de la France.

Nous ne parlerons ni de son titre de baron, ni des décorations nombreuses obtenues par M. Larrey, pendant ses longs services, parce qu'il possédait, suivant nous, de plus beaux titres et de moins périssables; nous voulons parler de son nom et de ses vertus. C'est le seul héritage qu'il laisse à son digne fils, frappé presque en même temps par les deux plus grandes infortunes qu’un fils puisse éprouver ; mais ce fils trouvera dans les nombreux amis de son: père, des appuis, des consolations et une nouvelle famille.

Après vous avoir tracé bien rapidement la vie militaire de M. le baron Larrey, qu'il me soit permis de dire quelques mots de sa vie scientifique. |

On se demande, Messieurs, comment, avec une vie si occupée, M. Larrey a pu écrire les importants ouvrages qu'il nous Jaisse, et qui lui ont mérité le titre de membre correspondant de presque toutes les sociétés savantes de l'Europe, et celui, de membre titulaire de l’Institut. C'est au mois de

décembre 1829 qu'il vint dans l’Académie des sciences reniplacer M. Pelletan.

On ne sait ce qui doit le plus étouner ou de l’activité incessante de M. Larrey dans son service militaire, ou de cette même activité pour recueillir des observations et composer des ouvrages qui sont à la fois l’histoire de ses campagnes militaires et des mémoires scientifiques du plus haut in- . térêt.

Ces ouvrages sont attrayants à la lecture, parce que l’auteur a su les rendre dramatiques par le nom et la situation des personnages dont il fait mention, par le récit des combats et des batailles, enfin par la description toute pittoresque des localités.

M. Larrey a publié, en 1803, une relation lustorique et chirurgicale de l'expédition de l’armée d'Orient en Égypte et en Syrie.

En 1812, 7 rois volumes de mémoires de chirurgie militaire et campagnes (le quatrième volume qui complète cet ouvrage n'a paru qu’en 1817). Bien auparavant (1808), il avait publié un mémoire fort important sur les amputations des membres a la suite de coups de feu. I soutient, et avec raison, la doctrine des avantages des amputations immédiates, si mal défendue par Boucher; aujourd’hui son opinion ne trouve plus d’opposants. J

En 1821, il fit paraître uff Recueil de mémoires de chtrurgie, dont le premier volume est presque entièrement consacré à faire connaître les avantages de’ l'emploi du feu ou cautère actuel, et surtout les heureux résultats de l'emploi d’un moyen emprunté aux Chinois et aux Japonais; nous voulons parler du moxa, dont M. Larrey faisait un très-

fréquent usage. Il démontre, par de nombreuses observations; les bons effets de cet agent, dans les maladies chirurgicales et surtout dans la sacro-coxalgie et la fémoro-coxalgte.

De 1829 à 1832, M. Larrey a fait imprimer quatre volumes de Clinique chirurgicale exercée particulièrement dans les camps et les hôpitaux militaires, depuis 1792 jusqu'en 1832.

On’trouve, soit dans les prinéipaux ouvrages que nous venons d'indiquer, soit dans des mémoires publiés séparé: ment, de savantes et judicieuses considérations sur les plus importantes questions de Ja chirurgie."Il nous suffira d’en citer quelques-uns :

1° Un Mémoire sur la fièvre jaune, 1822;

2° Un Mémoire sur le tétanos traumatique ;

3° D'excéllents préceptes sur les plaies pénétrantes de la poitrine et de l'abdomen , et sur la nécessité de les fermer sans recourir au débridement.

4° La médecine opératoire doit à M. Larrey une multitude de nouveaux procédés pour l'exécution des opérations chirurgicales majeures. Nous citerons surtout son'Procédé pour l’exarticulation du bras dans son union avec le scapulum. Ce procédé iest aujourd'hui généralement adopté.

5° L'ancienne académie de chirurgie avait à peiné aperçu la possibilité de l'amputation de la cuisse dans l’articalation coxo-fémorale ; M. Larrey a indiqué une*bonne méthode pour’ pratiquer cette opératfôn, qu'il a exécutée plusieurs fois et avec sucéès aux armées. On peut affirmer ‘qu'il aenrich la chirurgie de cette opération.

6° Ses considérations sur les avantages des réunions 1m médiates des plaies simples et des plaies pratiquées dans les Opérations, ont faitifaire.un véritable progrès à la chirurgie.

7° Le premier, ila signalé la nature et la cause: de lopAthalmie purulente où ophthalmie d'Égypte, qui a fait tant de ravages dans les armées anglaises, belges, prussiennes, russes, etc.

8° Le premier, il a fait connaître tous les avantages qu’on pouvait retirer, soit dans la pratique aux armées, soit dans Ja pratique civile, des appareils inamovibles pour le traitement des fractures, et surtout des fractures compliquées. Le bandage dont Moscati avait donné une indication fort imparfaite dans les Mémoires de l'Académie de chirurgie, n'était qu'une simple indication ; la découverte de ce moyen chirurgical appartient à M. Larrey. Depuis lui, cet appareil a été très-perfectionné par M. Seutin et par plusieurs chirursiens français.

Je vois que je dépasserais les bornes d’une simple notice, si Je voulais énumérer tous les travaux scientifiques de M. Larrey sur divers sujets. de chirurgie, de médecine, d'hygiène publique, etc.

Vous êtes pénétrés , je le-vois, Messieurs, d’une profonde estime pour le zèle et le talent déployés par M. Larrey dans sa carrière scientifique et dans sa carrière de chirurgien militaire; mais cette estime deviendra de la vénération lorsque vous connaîtrez sa vie morale, qui est un long dévouement à la chose publique et à l'humanité. En effet, Messieurs , il est un mérite au-dessus de celui que donne le courage ou le‘haut savoir, c'est celui de la vertu. lei la vie de Larrey brille encore du plus vif éclat; écoutons un historien moderne :

«Après les batailles de Bautzen et-de Würchen (1813), des personnes, jalouses de:faire leur cour à Napoléon ; en

diminuant à ses yeux le nombre considérable des blessés, osèrent lui dire que plusieurs de ces blessés s'étaient mutilés volontairement pour se soustraire au service; que tous les blessés qui avaient les doigts tronqués ou les mains traversées par des balles étaient dans ce cas. Sur ces calomnieuses et atroces assertions, Napoléon donne l’ordre de les réunir tous à Dresde, et de les renfermer dans le camp retranché établi pour la douane; ils étaient au nombre d'environ douze cents; une commission, composée de plusieurs chirurgiens principaux, devait examiner chacun de ces blessés.

« Un conseil de guerre ou tribunal militaire fut institué pour juger ceux qui auraient été reconnus coupables et les faire exécuter sur-le-champ. Larrey avait été nommé président de la commission de santé. La veille du jour où elle devait s’assembler, un personnage, intéressé à trouver des coupables dans cette affaire, lui ordonna de trouver, Île lendemain, quatre coupables par division, pour être traduits devant le conseil de guerre et fusillés sur l'heure. Rempli d’effroi et d’indignation à la vue d’un: tel ordre, Larrey allait donner sa démission et quitter l’armée, lorsqu'une personne de confiance, à qui il fit part de son projet, l'en détourna en lui faisant observer qu'il pourrait ètre utile à ces malheureux par sa fermeté et sa franchise. Larrey ne balança pas un moment.‘ La visite dura quatre jours entiers, et l'examen fut des plus rigoureux. Larrey prouva, par la force de ses raisonnements et le caractère des blessures, que tous les accusés étaient innocents; il opposa la plus vigoureuse résistance, sauva tous les blessés et les fit renvoyer absous. Il adressa son rapport à Napoléon, et

croyant lui avoir déplu dans cette circonstance, 1l attendit tranquillement sa disgräce. Mais Napoléon avait l'instinct sublime, et les grandes et bonnes actions exerçaient sur lui un grand empire. Dans le milieu de la nuit du même jour, le baron Fain se présenta chez Larrey pour lui remettre, de la part de l’empereur, une lettre des plus flatteuses , où il le félicitait de la conduite ferme, honorable et pleine d'humanité qu'il venait de tenir. Cette lettre était aceompagnée d'un présent de 6,000 fr. et du brevet d’une pension de 3,000 fr. de rente sur sa cassette; il y était dit qu’elle était indépendante de tout traitement. Cette pension, qui avait une si belle origine, fut conservée à M. Larrey par une loi (Moniteur du 10 avril 1818).»

« Sa vie se rattache tout entière, dit un autre historien, à la gloire des armées et à leur reconnaissance. Les champs de bataille et les hôpitaux furent, pendant toutes nos guerres, le théâtre de son infatigable activité et l’école d’un des plus grands talents dans l’art chirurgical dont la France puisse s’honorer. »

Bonaparte, à St-Jean d'Acre, admirait les efforts de notre confrère pour sauver les blessés. Sur la demande de M. Earrey, il mit à sa disposition tous ses chevaux , sans en excepter un seul, pour transporter les blessés dans un lieu sûr.

Au siége d'Alexandrie, Larrey, s'occupant, comme toujours, de la conservation des blessés, et ne sachant, dans son dénüment absolu, quelle nourriture leur donner, fit tuer tous ses chevaux pour en faire du bouillon. I fit le même sacrifice lors de la bataille d’Essling, et l’on vit le général Masséna , qui partageait la détresse générale, venir demander à prendre part au triste repas de nos soldats hlessés.

On a dit avec raison que c'est dans les: épidémies qu'il faut voir le médecin; alors on peut apprendre jusqu'où peut aller le zèle pour le bien public, et l’oubli de soi-même pour s'acquitter de ses devoirs: Dans les épidémies, il partage tous les dangers; des vapeurs malfaisantes se mêlent à l'air qu'il respire; de tous côtés la contagion l’environne ; elle: l'atteint, il meurt, et on l’oublie!

A Jaffa, au milieu de la plus terrible épidémie! pestilentielle, aucun danger n’effraie et n’arrête M. Larrey; quatorze chirurgiens, onze pharmaciens, trois médecins et tous les gens attachés au service de l'hôpital ont succombé sous-les coups redoublés du terrible fléau ; M: Tiarrey, méprisant(le danger, toujours calme et dévoué: ne s'occupe que du soin de sauver ses blessés.

« Connaissez-vous Larrey ? » dit un jour Napoléon au docteur Arnott, dans une de ses visites à Sainte-Hélène. — « Je ne le connais que de nom, » répondit celui-ci: Cettetinterrogation venait à la suite d’une conversation dans laquelle l'empereur cherchait à connaître si les Anglais éprouvent; à la suite des batailles, plus de perte de blessés que les Français. Il répondit que les chirurgiens français étaient fort instruits, mais qu’il croyait les pertes plus considérables de notre côté.

L'empereur semblait croire le contraire, et en donnait pour raison les soins et les talents du baron Larrey, dontil fit l'éloge en ces termes :

« Quel homme, dit-il, quel brave et digne homme que Larrey! que de soins donnés par lui à l’armée d'Égypte, soit dans la traversée du désert, soit après l'affaire de St- Jean d'Acre, soit enfin en Europe! J'ai conçu pour lui une

(13) estime qui ne s'est Jamais démentie. Si l’armée élève une colonne à la reconnaissance, elle doit l'ériger à Larrey (1). »

Arrétons-nous, Messieurs, je m'aperçois , mais trop tard, que mon récit était inutile; une seule parole” devait suffire ; elle est le plus beau des éloges et frappe Larrey du sceau de l'immortalité; cette parole a été prononcée par le plus grand génie de notre époque; il a dit, en parlant de notre illustre confrère : « C’est l’homme le plus vertueux que j'ate connu. »

Érigeons à la gloire de Larrey et à celle de notre profession, cette colonne dont a parlé l’empereur, et inscrivons-y les paroles de Napoléon; la postérité saura, n'en doutez pas, y reconnaître l’homme de bien auquel nous venons aujourd'hui rendre les derniers devoirs.

(1) Relation de M. Marchand.

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