‹ Funéralles de M. D'ArcetChapitre 2 sur 2 · DISCOURS DE M. PA Y EN · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M. PA Y EN

MEMBRE DE L'iNSTITUT ET DE LA SOCIÉTÉ ROYALE ET CENTRALE D’AGRICELTI’RE.

Messieurs ,

Au nom de la Société royale et centrale d’Agriculture, et de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale , il me sera permis d’ajouter aux paroles éloquentes du digne interprète de l’Institut, l’expression de regrets profondément sentis*

C’est que, parmi les corps savants auxquels appartenait notre confrère, aucun ne reçut de communications plus immédiatement applicables aux objets habituels de leurs travaux, que les Sociétés des sciences agricoles et manufacturières.

Toutes les fois, en effet, qu’il se présentait là , comme au Conseil de salubrité, des problèmes à résoudre, touchant l’hygiène de l’homme et des animaux, la conservation des produits des récoltes et des substances alimentaires, M. d’Arcet à 1 instant se mettait à l’œuvre, et, dans son incessante activité, scrutant avec soin les documents publics, éclairant par l’expérience directe les faits douteux, il parvenait bientôt à des résultats utiles, praticables , qu’il se hâtait de répandre par des publications nombreuses , souvent entreprises à ses frais.

Ce fut surtout en multipliant ainsi ses Notices sur les magnaneries salubres, cju’il prêta, dans ces derniers temps, un concours efficace à la régénération de l’une de nos plus grandes industries rurales ; de ces industries qui peuvent répandre l’aisance dans les campagnes , et développer la richesse publique.

Les préoccupations constantes de d’Arcet ont été durant sa vie entière empreintes des sentiments d’humanité qui les dominaient toutes. Au milieu des fabriques, des habitations urbaines et des fermes, sa pensée le reportait toujours vers les causes des affections qui pèsent sur les classes nombreuses ; la recherche des moyens de les en garantir était en lui la passion de l’homme de bien; ses travaux, appliqués aux substances comestibles , avaient également pour but unique d’ajouter quelque chose aux chances de bien-être du peuple; ceux même dont le résultat définitif se faisait trop attendre, avaient, dans sa conviction intime, une utilité réelle.

Quant à lui, ces questions ardues ont été parfois des sources de peines véritables : car il lui semblait qu’en retardant l’emploi de certains procédés économiques, on faisait tort aux malheureux.

Dès longtemps déjà, M. d’Arcet, entouré des soins affectueux d’une famille nombreuse, s’était créé une douce habitude de vivre tout entier de la vie des siens : dans cette philosophique pensée, il se survivait, amoindrissant déplus en plus, oubliant même ce qui ne concernait que lui personnellement.

Son dernier espoir, du moins, ne sera point trompé ; après

la vive affliction accablant aujourd’hui tout ce qui lui fut

ch er, qu’il puisse contempler les témoignages de vénération profonde de toute sa famille, d’une famille qui grandira, concentrant encore vers lui, en une pensée commune, les sentiments de gratitude qui rappelleront à chacun son inaltérable bonté.

Qu’alors il jouisse enfin du bonheur le plus cher à sa belle âme, d’avoir été utile aux autres, d’être toujours aimé, toujours l’ange tutélaire des siens.

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