‹ Fusospirillose broncho-pulmonaireChapitre 8 sur 34 · N. DE SPIRES · texte numérisé non relu

N. DE SPIRES

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D'autre part, si, dans un deuxième tableau, nous comparons les spirochètes les plus communs de la flore buccale,

nous aurons:

AUTEURS sp. viNcEnTI | S$P- BUCCOPH. DENTIUM BUCCALIS MACFIE

Blanchard. =: Ta Bosanquel. . . - 10 Chalmers. . . .. 12 — 15 & — 10 9 — 22 Fantham.w 9 — 23 Vicente 8 — 20 6 — 15 12 — 20 Mae MERE 6 — 9 Muhlens H.... 12 — 20 BAISE 8 — 20 6 — 9 4 — 10 15 — 20 DeMellor 2er. 7 — 10 7 — 10 Moyenne . .. 8,6 — 16,6 6 — 9 5,2 — 11,2 11 — 18,4

PRES (fa

d’autant plus que la flore buccale est très riche en spirochètes; on peut, en effet, trouver dans les crachats les spirochètes suivants :

Le Treponema buccale, dont nous avons déjà parlé.

Le Treponema bucco-pharyngei (Macfe, 1916), mesurant de 6 à 9 y, est probablement identique au Treponema Dentium.

Le Treponema Dentium (Koch, 1877), ayant de 4 à 10 pu de long, à tours de spires nombreux, constant dans le tartre dentaire.

Le Treponema microdentium (Noguchi, 1911), probablement identique au Treponema dentium; 11 se rencontre dans la bouche et dans la pyorrhée alvéolaire.

Le Treponema Mucosum (Noguchi, 1912), trouvé en partant d’une pyorrhée alvéolaire.

Le Treponema rhino-pharygeum (Brumpt, 1921), Syn. T, Minutum (Castellani, 1916), long de 3 à 12 , plus grêle que le T'reponema bronchiale; tous de spires peu accentués et irréguliers; se colore en rose par la méthode de Giemsa. Il fut trouvé par Castellani dans plusieurs cas de rhino-pharyngite observés à Ceylan, dans les Balkans et en Angleterre.

Le Spirochæta perforans (Mandoul, 1923), agent pathogène de la poly-arthrite expulsive alvéolo-dentaire.

Enfin, le Spirochæta Vincenti, accompagné de bacilles fusiformes. Spirochète à synonymies nombreuses: S$. Schaudinni (Prowazek, 1907); S. noso-comialis (Hoffmann) ; S. minima (Beaurepaire), Oragâo et Vianna, 1913).

Ce spirochète, très voisin du Treponema buccale, .vit comme ce dernier, en saprophyte dans la cavité buccale. [1 peut, dans certains cas, s’associer au bacille fusiforme : bacillus hastilis Seite, et produire une angine ulcéro-membraneuse, individualisée par H. Vincent (Brumpt).

La comparaison des moyennes indique nettement une grande ressemblance morphologique entre le spirochète de Vincent et le spirochète de Castellani; d’autre part, le rapport du nombre des spirochètes an nombre des bacilles fusiformes est variable, mais toujours supérieur à 1; cette loi, vraie dans l’angine de Vincent, dans la pourriture d’hôpital et dans l’ulcère des pays chauds, à été vérifiée par H. Vincent, J. Baur et Codvelle, Rothwell, Chamberlain, Léopold Robert, Delamarre, J. Peyrot et nous-même dans tous les cas de bronchite sanglante observés, et il est généralement admis, à l’heure actuelle, que le Spirochæta bronchialis s’identifie complètement au Spirochæta Vincenti.

La mise en évidence du Spirochæta bronchialis dans l’expectoration des malades est d’une grande simplicité et ne nécessite, de façon générale, que l’emploi d’une coloration simple, en ayant soin de toujours vérifier qu’on ne se trouve pas en présence de bacilles flexueux ou ramifiés par un Gram dont la négativité indique bien qu’on est en présence d’un spirochète.

La plupart des auteurs répètent à qui mieux mieux la supériorité de l’imprégnation argentique suivant la méthode de Fontana-Tribondeau sur les autres modes de coloration pour la mise en évidence du Spirochæta bronchialis.

Il résulte de très nombreux examens de crachats faits dans le service du professeur Peyrot que cette méthode, si fidèle qu’elle soit, ne paraît pas colorer tous les spécimens de Spirochæta bronchialis. C’est ainsi que des crachats fourmillant de Spirochètes de Castellani, après coloration au violet de gentiane (confirmation par le Gram négatif), paraissent bien moins riches en spirochètes par le Fontana-Tribondeau, sans qu’on puisse expliquer cette

et); os raréfaction insolite: c’est un fait d’expérience qui a cotiduit à rechercher la meilleure méthode, ou, mieux, le meilleur colorant pour ces Spirochètes de Castellani.

C’est ainsi qu'ont été mises en œuvre dans le service du professeur Peyrot les techniques suivantes :

1° Fontana Tribondeau;

2° Ziehl au 1/10 à froid, après fixation des crachats à l’alcool-éther, avec ou sans flambage: bons résultats ;

3° Fixation au Bouin, coloration consécutive à l’hématoxyline d’Heidenhain ou au Giemsa: bons résultats, pas supérieurs au Ziehl ou au violet;

4° Violet de Gentiane phéniqué après nxation à l’alcooléther et flambage rapide: très bons résultats ;

5° Bleu de toluidine phéniqué au 1/500 de Sabrazès: très bons résultats ;

6° Méthode de Kliewe. Cette méthode, toute récente, dont la technique a été indiquée dans la Ælin. Munch Woschenschr. du 14 décembre 1923, comprend les temps suivants :

Séchage à l’air, fixation à la flamme.

Mordançage à l’aide d’une solution de permanganate de potasse de 0,50 à 1 gr. p. 100.

Lavage à l’eau.

Coloration avec une solution de fuschine phéniquée diluée au 1/20; laisser agir pendant 1 à 3 minutes.

Lavage à l’eau et sécher.

Cette méthode, fort simple, avec des éléments mordançants et colorants partout répandus, nous a donné de fort beaux résultats, les spirochètes ne paraissent pas subir de raréfaction comme avec le Fontana-Tribondeau; aussi, elle nous paraît devoir être adoptée comme méthode de choix, la coloration simple au violet de gentiane restant la méthode d’examen rapide.

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Il est bien entendu que le diagnostic de Spirochæta bronchialis et de bronchite de Castellani n’est porté que lorsque les crachats renferment une grande quantité de

‘spirochètes (nous ne parlons pas des bacilles fusiformes,

toujours associés en plus ou moins grande quantité, soit isolés, soit en diplofusiformes), et, dans la plupart des cas observés dans le service de M. Peyrot, des frottis de contrôle prélevés dans les sillons gingivaux et au niveau des amygdales ont permis de se rendre compte de l’origine bronchique ou pulmonaire des spirochètes, ceux-ei étant très rares au niveau de la bouche et du pharynx, tandis qu’ils étaient extrêmement nombreux, presque toujours réunis en amas, dans l’expectoration.

Un dernier mot, enfin, touchant la coloration du Spirochœta bronchialis: lorsque l’expectoration présente (ce qui est la minorité des cas, au moins au début) l’aspect de gelée de groseille, il se produit, au bout de quelques heures, ce que Dalimier a appelé la sputolyse, les spirochètes disparaissent et la coloration rosée s’étend à toute l’expectoration.

Il se produit sur les préparations colorées, surtout sur celles qui ont subi la coloration simple, une raréfaction des spirochètes comparable à la spirochétolyse des crachats in vitro; une préparation fourmillant de spirochètes examinée quelques jours après paraît bien moins riche en éléments spirillaires. C’est un fait sur lequel il nous paraît bon d’attirer l’attention, pour le cas où des examens voudraient être faits sur des préparations anciennes.

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