La Monarchie franque^ p
12S FUSTEL DE COULÀNGES.
souvent le même nom^ et les hommes qui le cultivaient étaient encore ou des esclaves, ou des affranchis, ou des colons *. »
Mais Tépoque mérovingienne a connu un second mode de possession du sol, qui est le bénéfice. Ce genre de tenure n'a pas été établi par la loi ; il doit sa naissance à des usages purement privés. En principe, le bénéfice, comme le précaire romain, était une concession d'usufruit accordée par un bienfaiteur a un obligé; mais, dans la réalité, c'était une faveur dictée par la bienveillance.' Il pouvait porter indifféremment. sur une terre, un cheval, une somme d'argent. Il était tantôt gratuit, tantôt accompagné du paiement d'une redevance annuelle ou de l'exécution de certaines corvées. Enfin on présume qu'il était généralement consenti à titre viager. A mesure qu'il entra dans les mœurs, le bénéfice contribua à l'extension de la grande propriété; car il était fréquemment précédé d'un acte par lequel un pauvre cédait h un riche dont il voulait