CHAPITRE II
-Le séjour à Strasbourg (1880-1870),
M. Fustel arriva ii Strasbourg avec le projet d'embrasser toute l'histoire ' . D'abord la loi lui en imposait l'obligation, puisqu'en vertu de l'arrêté ministériel du 7 mars 1853 il «levait « distribuer ses leçons de telle sorte que, tout en variant le choix du sujet, il put parcourir en trois années le cercle entier de son enseignement ». 11 était de plus convaincu qu'il n'était pas bon de trop se spécialiser, surtout au début. 11 me disait un jour :
« Taudis que la plupart se cantonnent dans
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une petite partie de l'histoire, notre avantage, il nous autres professeurs, est que cous avons dû préalablement faire des études d'ensemble. Aussi arrive-t-il que, lors même que nous étudions un détail, nous ne pouvons faire que toute l'histoire ne soit en quelque manière sous nos yeux, et c'est notre supériorité'. »
On a la preuve qu'il exécuta de point en point le vaste programme qu'il s'était tracé. Parmi les questions qu'il traita dans son cours je note particulièrement les suivantes : les origines de la nation gauloise, ses migrations, ses luttes, ses institutions; les conquêtes et l'organisation de la république romaine; le
1. a A en croire certains esprits, il faut borner le traToil a un point parliculîer, à une TÎIle, à un éréneinent, à un per9onna{(e, tout au plus â une génération d'hommea. J'appellerai cette méthode le spécialisme. Elle a eea mérites et son utilité; elle peut réunir sur chaque point des rensei* );nements nombreni et sûrs. Mais est-ce bien là le tout de la science? Supposez cent spécialistes se partageant par lots le passé de la France ; crojei-vous qu'à la fin ils auront fait l'bistaire de France? J'en doute beaucoup. 11 leur manquera au moins le lien des faits ; or ce lien est aussi une vérité historique. Je ne sais même pas si cbacun d'eux aura bien rempli sa partie ; car je ne suis pas bien sûr que l'on puisse connaître eiaclemeot une génération d'hommes, si l'on ne connaît pas celle qui précède, ni mime une institution, si l'on n'a pas étudié l'institution dont elle dériva, o (Note inédite.)
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