SES QUALITES
vêtement rigide qui l'emprisoane. Dans le mémoire sur Chîo, antérieur de deux années, il y avait peut-être moins de vigueur, mais en revanche plus d'ampleur et d'abandon.
La Cité antique montra bientôt M. Fustel en possession de toute son originalité. Nous ne sommes plus ici en présence d'un débutant qui tùtonne et cherche sa voie. L'auteur est passé maitre à son tour, et il peut lui-même servir de guide. Tout a été dit sur la valeur littéraire de ce petit chef-d'œuvre qui durera i( autant que la langue française '. » On a loué dignement « ce style d'une trame nerveuse et polie à la fois, cette propriété de l'expression qui est comme la couleur naturelle et la vie des mots, la fermeté de cette phrase qui a la cohérence, la transparence et les arêtes aiguës du cristal * ». Il semble que les Grecs et les Romains, avec lesquels M. Fustel entretint un si long commerce, lui aient légué leurs qua-
1. L'expreision e>t de M. Honod {Rtnue det quetlion* hUioriçuen. t" oTril 1887).
2. Albert Sorel, Notice sur Ut travaux de M. Futlet de Coulangeê, p. 41 (Eitroit du Compte rendu det téancei de V Académie des scieaceê moraleê).
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23S FDSTBL DE COULANGES.
lités de mesure et de simplicité, de netteté et de rigueur. Au reste il n'avait eu nullement le dessein de faire acte de littérateur dans ce livre rapidement rédigé en six mois. Rien n'y trahit le souci de bien dire. On n'y trouve ni développements brillants, ni morceaux à effet, ni fleurs de rhétorique. C'estd'unboutàl'atitre le langage du savant, adouci par une sorte d'élégance discrète qui répand partout la fraîcheur et le charme.
Le procédé de M. Fustel rappelle celui de l'école réaliste. Loin Je se jeter perpétuellement en scène et de détourner sur lui-même l'attention du lecteur, il s'efface derrière les documents, et c'est à eux qu'il laisse la parole. Il ne demande rien à l'imagination ni a' la sensibilité ; son unique ambition est de bien voir et de rapporter fidèlement ce qu'il voit. Dans ses peintures, il ne vise qu'à la ressemblance, et ne poursuit que l'exactitude. Mais, de même que l'énumération toute nue des détails d'un événement finit souvent par exciter en nous une émotion pareille à celles des hommes qui en furent témoins, de même M. Fustel, par la
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eimple analyse des c< morales des anciens, < complètement du pri le moment une âme romaine. A travers d'apparence si correc palpite l'humanité. Ç à bout suffisent poi d'êtres humains avec et des passions varia!
ce spectacle, malgré pour nous, nous offrr étude de mœurs coni( Il est encore un ti antique. Le champ i^ ayant été à peu près n'apercevait sur sa roi battre, ni théories à i sa marche. Il n'avait chaque pas pour éca' et pour se frayer pé milieu d'une foule d systèmes encombrant lière et assurée, de I
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