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ACTE V. — SCENE III

PEPITA

On se blase sur tout, tu vois, car maintenant

Les taureaux, le combat, la victoire, la pluie

Sanglante, les chulos éventrés, tout m'ennuie.

Le bœuf tué par l'homme ou l'homme par le bœuf,

C'est très doux, j'en conviens, mais ce n'est pas très neuf.

.le comprends la tuerie et je lui rends justice;

.J'admets parfaitement que la mort divertisse

Cinq ou six fois, vingt fois, cent fois, si vous voulez;

Mais les meilleurs ragoûts, jamais renouvelés,

Finissent par lasser l'estomac, et je lâche.

Pour le savoir par cœur, ce meurtre qui rabâche.

Je ne rêve pas mieux, je voudrais seulement

Qu'on variât le plat par l'assaisonnement.

Et qu'un homme d'esprit trouvât dans sa cervelle

Un changement quelconque, une mode nouvelle

D'égorgement, un autre aspect de cruauté,

.Je ne sais quel gentil supplice inusité

Qui réveillât un peu cette monotonie

De bêtes et de gens mêlant leur agonie.

.Je suis de ton avis, ces jeux sont amusants,

D'abord; j'ai ri de voir râler, mais j'ai quinze ans.

CARMEN

Mais tu n'as donc pas lu l'affiche?

KUTlllA.

l'KPITA.

Si. L'année Dernière. La voiei : — « La première journée, On tuera einq taureaux; la seconde, on tuera Cinq taureaux; la troisième, on tuera... »

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