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ACTE V. — SCENE III

MOSQUITO

Comment cesserions-nous, ami, d'être les mêmes, Moi pour toi, toi pour moi?

GIL

Redis-moi que tu m'aimes.

MOSQUFTO.

Qu'as-tu donc?

GIL

Je n'ai rien. Hedis-le-moi. Tu m'es Dévoué? Souviens-toi que je ne t'ai jamais Maltraité ni laissé manquer de nourriture. Un jour que tu t'étais démis une jointure En tombant dans un trou, t'ai-je assez bien soigné ! Une foiS;, je me suis rudement empoigné Avec un animal qui te jetait des pierres. Ah ! ah ! c'est là qu'il faut te gratter ? tes paupières S'entre-ferment; tu tends la tète; il me paraît Que cette oreille trouve à la chose un attrait? Quand nous étions enfants tous les deux, des vacances D'écoliers s'effraieraient de nos extravagances. Comme nous nous roulions dans l'herbe î As-tu grandi ! C'est que tu n'étais pas malheureux. A midi, L'été, quand le soleil brûlait le pâturage,

iM) FUTUR A.

Je savais te irouver un coin de bon ombrage

Avec une eau bien fraîche, et, dans le temps du IVoid,

Nous nous mettions ensemble à couvert sous mon toit.

Tu te souviens de tout cela, je t'en supplie?

(les choses ne sont pas de celles qu'on oublie.

Rien sûr? Tu te souviens et tu te souviendras

(jiK' nous jouions ensemble, et que tu ne t'es ])as

Douté beaucoup du rang infime de ta race?

Ht lu te souviendras encore que c'est grâce

A mon constant souci de te fortifier

Oue, te voyant si beau, si robuste et si fier,

Les génisses couraient à ta suite, gourmandes?

Qu'est-ce que je t'ai fait pour que tu me demandes Si je suis le plus vil des ingrats?

GIL

Je m'en vais.

Tu l'en vas?

MOSQUITO

GIL

Je reviens sur-le-champ.

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