ACTE V. — SCÈNE V. 2o
Protestants, juifs, tués des Sainl-iiarthélemys
Et des Cévennes, morts de tout ce qu'a commis
L'Église, condamnés ruisselant sur les claies,
Tous les martyrs ! le sang qui coule de mes plaies
C'est le votre. — Au secours ! — Moi qui voulais que tous
Fussent frères ! — Oh ! qui m'ùtera de ces clous?
Je veux sortir d'ici, m'en aller loin des Romes
Et des Jérusalems, marcher parmi les hommes,
En être un ! Au secours ! A moi, ceux du dehors !
Venez me délivrer! Nul ne m'entend. Alors
Je me délivrerai moi-même ! — Ces clous tiennent
Affreusement. — J'entends, je crois, des gens qui viennent.
Non. — Ressayons. Je fais des efforts superflus.
Encor. Rien ! Je suis trop affaibli ; je n'ai plus
De sang, tant ils en ont versé. Toutes les villes
En ont à leurs pavés... — Ces eflorts inutiles
M'ont achevé; je sens mon regard se voiler.
Et je n'ai même plus la force d'appeler.
Ses yeux se ferment et il laisse tomber sa tétc sur sa poitrine. Entre une foule parmi lafiiielle Faust.