ACTE I. — SCKNE IV
L\ FOULE
Mais loii père est vivant! mais le ciel bleu le ri 11 Ouelle punition as- tu donc dans l'esprit?
Celle des Polonais cpii veulent leur patrie
l]t qu'à pied dans la neige on traîne en Sibérie,
Hommes, femmes, enfants!
LA FOULE
Ce n'est pas toi.
Grands dieux Le plomb m'a brisé l'aile! Ah! chasseur odieux!
LA FOULE
Le plomb! l'aile !... — Je vois là -haut une hirondelle Qui paraît empêchée à donner son coup d'aile. Elle tombe.
Quel mal leur faisait donc mon vol?
J'apportais le printemps! Me voilà sur leur sol, Mourante. Par pitié, faites que je guérisse. Tâchez... — Non, c'est fini. Ma plume se hérisse. Je me raidis. Je suis morte.
LA FOULE
Ce n'est |>as loi.
FUTUHA-
Si fait! l'oiseau c'est moi! Si fait! le noir c'est moi!
Et celle qu'on déporte et l'enfant mal vêtue
(7est moi ! Tout coup me frappe et tout meurtre me tue !
La pitié fait ma chair et mon sang de tous ceu\
Qni sont désespérés sous la splendeur des cieux.
J'ai dans l'àme un écho douloureux qui répète
Le cri du matelot brisé par la tempête,
L'adieu de l'exilé, le râle du mourant,
Tous les gémissements de ce monde souffrant.
Et j'ai la faim du pauvre, et je suis la dispute
Des frères, et j'ai mal aux blessés qu'on ampute,
Et j'ai froid aux pieds nus, et c'est sur moi qu'il pleut
En janvier par les trous des bouges. Ce qu'on peut
Me souhaiter, amis? c'est le bonheur des autres!
Souhaitez-moi... — Mais non, des cœurs comme les vôtres
Ne se contentent pas de souhaits, — faites-moi
Le bien-être de lousî Rompez la dure loi,
Unissez vos efforts contre la destinée.
Déclarez au malheur une guerre obstinée,
l{endez l'espoir à ceux qu'on en a trop sevrés,
(Consolez, nourrissez, éclairez, délivrez!