SCENE
En justice.
LE JUGE
Heprenons l'audience où nous l'avons laissée, Comme un rocher sur qui la tempête insensée Essaye en vain l'assaut de la vague qui bout, Le Droit, tout ruisselant de sang, reste debout. Pendant que les pavés sont frémissants encore, Je remonte à mon siège, et le vainqueur implore Mon concours. Tout est l'onde et je suis le granit. Le grand conservateur est celui qui punit. Rien ne dure sans moi. C'est sur ce mot: châtie, <jue la société tout entière est bâtie. Le supplice aboli serait l'égalité
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Des bons et des mauvais : donc la pénalité D'abord est équitable. Ensuite elle est utile; Encager le renard, écraser le reptile, Faire la cbasse au tigre et lui casser les dents Dont il nous mangerait, sont des actes prudents; La peine rend encor ce service plus ample D'être à tous les méchants un effrayant exemple Et de les arrêter au seuil du mal; punir N'est pas que cliàtier, c'est aussi prévenir; Un méfait qu'on punit, c'est mille qu'on supprime Si l'on doit voir un jour l'extinction du crime. C'est par le châtiment, tout autre mode est vain. Qu'est le code pénal? c'est le code divin. Notre sévérité n'est que l'humble copie Du procédé d'en haut. Pour combattre l'impie Quelle arme semble bonne à Dieu? Le Jugement. Frissonnez. C'est sa loi. Vous ferez sagement De ne pas accomplir vos projets sanguinaires. Celui qui n'aura pas entendu les tonnerres Entendra les clairons des archanges. Sonnez Les assises! Et quels condamnés, les damnés! Le code, c'est l'enfer traduit en langue humaine. Donc, frappons sans pitié. Si quelque énergumène Contestait notre droit, il nous troublerait peu; (îar quiconque nierait le juge nierait Dieu!