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AUTOUR DES QUINZE ANS

La Défense de la Vocation

Les vignerons, que l'on félicite au printemps sur les magnifiques promesses de la récolte, ont coutume de répondre avec un sourire sceptique : « (Le vin n'est pas dans les celliers ». Parole de sagesse, car le raisin a tellement d'ennemis que nul au monde n'a droit de chanter victoire avant leur complète déroute.

Le prêtre et les parents, qui voient fleurir au beau soleil de sa pieuse adolescence ce « rameau » choisi de la vigne, dont Notre-Seigneur a dit : « Je suis le cep, vous êtes les branches » (1), n'ont pas encore à proclamer leur triomphe. La vocation du cher enfant a tant d'adversaires à vaincre, qu'elle ne sera assurée de sa tranquillité que le jour où elle s'abritera derrière les solennels engagements du sous-diaconat et du sacerdoce. D'ici là, la consigne est de monter une garde vigilante autour de

(1) Jean XV. 5.

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cette précieuse tige pour Ja préserver des dangers innombrables, auxquels elle est exposée.

( Que les parents chrétiens, que les prêtres dévoués a l'œuvre du recrutement sacerdotal ne s'imaginent donc pas que leur rôle est fini quand ils ont « découvert » une vocation. Il leur reste à la défendre. Peut-être même cette seconde partie de leur mission est-elle plus délicate à remplir que la première, parce qu'elle demande une abnégation, une patience, un zèle pour la gloire de Dieu, une clairvoyance qui ne devraient jamais se trouver en défaut.

C'est pour aider les recruteurs du clergé à diriger cette lutte pour la persévérance des « élus » que les chapitres qui vont venir ont été écrits. Ils ont pour but de signaler les périls que les jeunes élevés du sanctuaire rencontrent et les moyens de défense qui s'offrent pour les en préserver. Les dangers qui menacent l'aspirant au sacerdoce viennent d'abord du Milieu social dans lequel il est né des difficultés familiales, des relations mondaines' qui travaillent à l'arracher au service de Dieu II y aura toujours, avant la décision salutaire, à rompre des liens matériels ou moraux souvent puissants : « Celui qui ne laisse pas son père et sa mère, ses frères et ses sœurs, ... son champ pour l'amour de Moi ne peut être mon disciple » (1).

Même une fois retiré du monde et « mis à part » pour Dieu, le jeune petit séminariste, le collégien résolu de tendre au sacerdoce, n'est pas à l'abrf des sollicitations mauvaises. Les invitations à se détour-

(1) Luv. XIV, 28.

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