EXTRAIT DU REGISTRE DE LA PREROGATIVE COURT DE CANTERBURY
Au nom de Dieu, amen. — Moi, George-Frideric Irlande], considérant l'incertitude de la vie humaine, je fais mon testament de la manière suivante : c'est-à-dire que je d nne et lé'gtfè à mon domestique Peter le Blond mes habits, mon ling-e et £ 300; et à mes autres domestiques une année de gages. Je donne et lègue à M. Christophe Smith mon grand clavecin, mon petit orgue de chambre, mes livres de musique et £500. — Item. Je donne et lègue à M. James Htthter, £ 500 Je donne et lègue à mon cou» sin Christian Gottlieb Hândel de Copenhague £ 100. — Item a mon cousin le magister Christian-Auguste Roth, de Halle, en Saxe, £ 100. Item à ma cousine, veuve de Georges Taust, pasteur à Giebichenstein, près Halle, en Saxe, £ 300, et à chacun de ses six enfants £ :00 et le reste de mon revenu en annuités de banque 1746, de quelque nature qu'elles soient. Je donne et lèqrie le restant à ma chère nièce, Johanna-Frederica Flœrchen, de Gotha, en Saxe, née Michaelsen à Halle, et la constitue seule exécutrice de mes dernières volontés.
En foi de quoi j'ai signé le présent, le 1er juin 1750.
George-Frideric Handel.
Moi, George-Frideric Handel, j'ajoute ce codicille à mon testament. Je donne à mon domestique Peter le Blond £ 200 en sus du legs que je lui ai déjà fait dans mon testament. Je donne à M. Christophe Smith £ 500 en plus du legs déjà fait par mon testament. Je donne à mon cousin, Christian Gottlieb Handel, de Copenhague, £ 200 outre le legs déjà fait par mon testament. Mon
fil GEORGE-FRIDERIC HANDEL
cousin le magister Christian Auguste Roth étant décédé, je donne à sa veuve £ 200; et si elle meurt avant moi, je donne ces £ 200 à ses enfants. La veuve de George Taust et un de ses enfants étant morts, je donne à ses cinq enfants restant £ 300 à chacun, au lieu du legs fait par mon testament. Je donne au docteur Morell, de Turnham Green, £ 200. Je donne à M. Newburg Hamilton, de Old Bond Street, qui m'a aidé en ajustant des paroles sur plusieurs de mes compositions, £ 100. Je constitue George Amyant, Esq., de Laurence Pountney Hill, marchand à Londres, coexécuteur de mes dernières volontés avec ma nièce mentionnée dans mon testament, et je lui donne £ 200, que je le prie d'accepter pour les soins et peines qu'il prendra de mes affaires. En foi de quoi j'ai scellé et signé ce présent, le 6 août k756.
George-Frideric Handel.
Les jour et an ci-dessus, ce codicille a été lu par nous audit George-Frideric Handel, qui l'a signé et affirmé en notre présence.
* Tho. Harris. John Hetherington.
Moi, George-Frideric Handel, j'ajoute ce codicille à mon testament. Mon vieux serviteur, Peter le Blond, étant mort dernièrement, je donne à son neveu, John du Bourck, la somme £ 500. Je donne à mon domestique, Thomas Bramwell, la somme de £ 30, s'il est près de moi au moment de ma mort, sinon rien. En foi de quoi j'ai signé et scellé le présent, le 22 mai 1757.
George-Frideric Handel.
Les jour et an ci-dessus, ce codicille a été lu par nous
audit George-Frideric Handel, qui Ta signé et affirmé en notre présence.
Tho. Harris.
John Hetherington.
Moi, George-Frédéric Handel, je fais ce nouveau codicille à mon testament. Mon cousin, Christian Gottlieb Handel étant mort, je donne à sa sœur, Christiana Susanna Handelin, àGoslar, £ 300, et à sa sœur, demeurant àPless, près Teschen, en Silésie, £ 300. Je donne à John Rich, Esquire, mon grand orgue qui est au théâtre royal de Covent Garden1. Je donne à Charles Jennens, Esq., deux tableaux, les têtes de vieillard et de vieille femme peints par Denner. Je donne à Granville2, Esquire, de Holles Street, le paysage représentant une vue du Rhin par Rembrandt, et un autre du même peintre, dont il m'a fait présent il y a quelque temps. Je donne un bel exemplaire de la partition et de toutes les parties de mon oratorio le Messie, au Foundling Hospital. En foi de quoi, j'ai signé le 4 août 1757.
George-Frideric Handel.
Les jour et an susdits, lecture de ce codicille a été donnée par nous à George-Frideric Handel, qui Ta signé et affirmé en notre présence.
Tho. Harris.
John Maxwell.
1. Brûlé dans l'incendie qui dévora ce théâtre le 20 septembre 1808.
2. Ce Granville était le père de la spirituelle Mme Delany, à la correspondance de laquelle nous avons fait quelques emprunts, pages 246-48.
334 r.EQRGE-FRIDERIC HANDKJ.
Moi» George-Frideric Handel, je fais ce nouveau codicille. Je donne aux gouverneurs et administrateurs de 1$ société pour le soutien des musiciens malheureux et de leurs familles, £ 1,000 dont ils disposeront de la meilleure manière pour les fins de cette charité. Je donne à George Amyant,Esquire,de Lincoln's Inn-fields, £ 300. Je donne à John Hetherington, du Fish-fruits Office, dans Middle Temple, £ 100. Je donne à M. James Smith, parfumeur,, dans Bond Street, £ 500. Je donne à M. Mathew Dubourg, musicien, £ 100. Je donne à mon domestique, Thomas Bramwell, £ 70, supplémentaires à celles que je lui ai déjà léguées. Je donne à Benjamin Martyn, Esquire, de New Bond Street, 50 guinées ; je donne à M. John Belchar, de Sun Court, Threadneedle Street, chirurgien, 50 guinées. Je donne tout mon appareil de gala à mon domestique John du Bourck; je donne à M. John Cowland, apothicaire dans New Bond Street, £ 50. J'espère que l'on obtiendra pour moi du doyen et du chapitre de Westminster la permission d'être enterré dans Westminster Abbey, d'une façon privée, à la discrétion de mon exécuteur testamentaire M. Amyand, et je désire que mondit exécuteur testamentaire puisse m'y faire élever un monument auquel il consacrera une somme ne dépassant pas £ 600 (15,000 fr.), à la discrétion de mondit exécuteur testamentaire. Je donne à madame Palmer, de Chelsea, veuve de M. Palmer, de Chelsea, autrefois de Chappel Street, £ 100; je donne à chacune de mes servantes une année de gages en sus de ce qui leur sera dû au moment de ma mort. Je donne à Mrs Veuve Mayne, de Kensington, sœur de feu M. Batt, 50 guinées; je donne à Mrs Downalan, de Charles Street, Berkeley Square, 50 guinées; je donne à M. Reiche, secrétaire pour les affaires de Hanovre, £ 200. En foi de quoi j'ai signé et scellé le présent, le 11 avril 1759* .
Gi-F. Handeu
GEORGE-FRIDERIC HANDEL l!.i
Lecture de ce codicille a été donnée audit G. -F. Handel qui l'a signé et scellé devant nous, lesdits jour et an.
A.-S. Rudd.
J. Ghristopher Smith.
Le testament, rédigé en anglais, a été écrit d'un bout à l'autre de la main de Handel et l'on voit qu'il eut beaucoup de peine à en copier le duplicata. Il n'a fait que signer les codicilles qu'il a tous dictés. Le sceau de ces quatre codicilles représente une tête barbue assez semblable à celle de Shakespeare. L'inventaire des biens meubles, dressé le 26 août 1759, même en tenant compte des objets enlevés par suite des legs, prouve la simplicité avec laquelle vécut ce grand homme. Tout son mobilier vendu à son domestique John du Bourck, ne fut estimé que 48 livres (1,200 fr.).
Un fait1 démontre qu'à la fin de sa vie, il se préoccupa du soin de sa gloire, et offre en même temps un nouvel exemple de sa probité. Il avait promis à Smith de lui laisser tous ses manuscrits. Pensant qu'ils seraient mieux placés et mieux soignés dans une bibliothèque publique, il conçut l'idée de les léguer à l'Université d'Oxford et offrit à Smith 3,0J0 livres (75,000 fr.) s'il voulait renoncer au droit moral que lui donnait sa promesse. Smith rejeta cette