‹ G.-F. HändelChapitre 66 sur 118 · History. V · texte numérisé non relu

History. V

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cinq; il a été écrit en 1746, ou exécuté alors comme « seconde ouverture » de l'opéra Amadigi, et au bénéfice de l'orchestre; c'est pourquoi on l'a nommé le « concerto d'orchestre » [orchestra concert). Le 5me concerto, en ré mineur, a aussi cinq morceaux, deux lents et trois vifs. Le deuxième morceau, qui est fugué, peut avoir été écrit à Cannons. Le 6me, en ré majeur, n'a que deux morceaux : un allegro moderato, et un allegro. Le premier a déjà paru, en 1722, comme « concerto » dans l'opéra d'Ottone, où il se trouve en original. Ainsi, dans six concertos, cinq ordres différents de composition. Le hautbois y domine de temps en temps, bien que n'étant pas avantagé, comme on pourrait le supposer d'après la dénomination de l'œuvre. En somme, ce sont de grandes compositions pour deux violons, deux hautbois, deux flûtes, deux violes, deux bassons, deux violoncelles et une basse continue. On pourrait à bon droit les nommer « symphonies ».

On a vu que le nouvel engagement de Senesino avec le théâtre italien de Londres était moins avantageux que celui qu'il avait contracté avec l'ancienne Académie royale de musique; en outre, la

direction musicale remise exclusivement aux mains de Handel ne laissait que fort peu de marge aux caprices de l'émasculé. Ce n'est pas tout : les derniers opéras du maître saxon, par leur contexture particulière, forçaient le primo uomo à céder chaque jour au mouvement qui donnait une participation plus large à ses confrères dans l'action dramatique, et enfin l'oratorio vint à la mode; l'oratorio, qui non seulement l'obligeait de chanter en anglais, mais encore le mettait dans l'ombre, lui, premier sujet, par l'importance donnée au chœur et par le manque d'action. Il n'obéissait qu'à contrecœur aux injonctions de Handel, qu'il considérait comme la cause première de ces changements si désavantageux pour lui; et de ce que celui-ci, avec un tact parfait et un respect scrupuleux des conventions, ne donnait aucune prise au scandale, la haine de l'orgueilleux castrat s'en accrut d'autant. Aussi, lorsque s'éleva contre Debora le toile dont nous avons rendu compte; lorsque les « patriotes » anglais et italiens s'unirent contre l'auteur de cet oratorio; lorsque le théâtre fut déserté et que l'on put prévoir la fin prochaine de la direction Hàndel- Heidegger, le hardi Senesino eut assez de courage pour rompre en visière avec Handel. S'il voulut amener une rupture définitive par la violation des clauses de son contrat, il y parvint, mais d'une manière aussi honteuse qu'injurieuse pour lui; car à peine eut -il formulé ses impertinentes exigences,

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que Handel, le prenant par un bras, le mit brusquement à la porte. — Nous n'avons de l'événement d'autre relation que celle donnée par le Craftsman du 2 juin 1733, organe dévoué au parti de Senesino et qui se contente de dire : « Des personnes dignes de foi nous ont fait part que M. Handel, directeur général de l'Opéra, a envoyé cette semaine au signor Senesino, le célèbre chanteur italien, un message lui apprenant qu'il n'a plus besoin de ses services ; et que le lendemain, le signor Senesino lui a répondu par une lettre très digne, dans laquelle il se borne à énumérer les rôles d'opéra que depuis tant d'années il a chantés avec un si grand succès. Nous espérons que l'honnête Walsingham1 nous permettra de faire remarquer à ce propos que le monde paraît extrêmement surpris d'un acte aussi inattendu, et que les vrais amis de la musique regrettent de voir congédier ce beau chanteur dans un moment si critique. »

En réalité, la coterie hostile à Handel, les nobles qui lui en voulaient surtout à cause de l'indépendance de son caractère, de sa franchise quelquefois brutale, et de ce qu'il ne cédait pas à leurs exigences déplacées, avaient poussé Senesino à rompre avec son directeur, et les préparatifs étaient déjà faits en prévision de l'issue attendue et désirée. On parlait de la fondation d'un second Opéra italien

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