PAR ROMNEY
(D'après une Gravure.)
au portrait, dans lequel il avait
acquis un certain talent, pour
se consacrer exclusivement au
paysage. Ce changement lui fut,
dit-on, conseille par Zuccarelli ;
cependant il est bien probable
que la célébrité de Reynolds,
de Gainsborough et de Romney,
y fut pour quelque chose. Richard Wilson dut redouter de
ne pas avoir assez de travail.
Comme ses émules, Wilson fut
un peintre qui avait ses racines
dans la tradition, mais sa tête
en plein soleil. Dans ses méthodes, aussi bien que dans son
idéal, on saisit l'infîuence de
Claude, de Lucatelli, de Panini
et de Zucarelli ; mais on y trouve également une imagination de
poète, une aptitude particulière à inspirer le charme, le don du
dessin et le sentiment de la beauté, qui lui sont des qualités toutes personnelles. La distinction de Wilson ne sera égalée que par Corot.
Malheureusement, la vie de ce peintre ne fut qu'une longue lutte.
Il produisit trop de tableaux, et il en est beaucoup, parmi ceux qu'il a signés, qui témoignent d'une défaillance de son inspiration. Wilson n'en demeure pas moins un véritable artiste, qui a su donner de la vie à ses œuvres et a trouvé, par ce motif, des imitateurs. A son époque, toutefois, le seul artiste de quelque talent formé à son école fut l'Irlandais George Barret, dont les peintures finirent par acquérir assez d'analogie avec les siennes pour qu'on ait pu quelquefois les
FiG. 344. — Lady Beaucha.mp
Proctor. par Romney.
(Che^ M. L. Raphaël.)
GRANDE-BKETACNE ET IHEANDE
Fl(i.345. — Ell'IlHOSVNE, PAK ROMNEY (D'après loïc (îravtirc.)
lui allribuer. Ses aulrcs disci{)les, comme Parrmgton et William Hodges, n'eurent relativement que peu de talent, Wilson mourut en 1 782. Les meilleures de ses œuvres sont, en général, des compositions simples, plutôt petites, largement traitées, bien dessineeî et très lumineuses. Deux Scènes en Italie, conservées à la Galerie nationale, sont délicieuses ; elles ont la hardiesse des peintures de Guardi et la technique de celles de Chardin. La Niobc, que possède aussi la Galerie nationale, et dont Reynolds a trop
médit dans son quatorzième entretien, est un effort plus ambitieux, mais moins satisfaisant, du même peintre. Sa préoccupation des dieux et des déesses lui a fait négliger la transparence de la couleur et l'harmonie du dessin, qui font le charme de ses meilleurs tableaux.
Résumons-nous. C'est l'esprit des œuvres de Hogarth, de Gainsborough, de Romney et de Wilson, complétées plus tard par celles de Constable, qui constitue le fondement de la peinture moderne.
L'activité de ces peintres s'exerça entre 1 735 et 1 795 et donna une vitalité nouvelle à un art qui se mourait. Certes, les bons artistes contemporains ne manquèrent pas en d'autres pays. L'Italie eut Antonio Canale et Giambattista Tiepolo ; la France compta Watteau et Chardin. Mais les uns et les autres étaient les successeurs d'autres peintres de talent. Ce furent, en quelque sorte, des soleils couchants, dont les œuvres consolèrent, bien plus qu'elles ne servirent de stimu-
FiG. 346. — Lady Louisa
GOUNOLLY. PAR AlLAN RaMSAY.
(A Holland Ilouse.)
PEINTURE. — PERIODE MOYENNE
lanls. D'aucuns pourraient objecter que Wilson a mérité le même reproche. Mais, comme artiste rétrospectif, il n'a ni gagné m mérite d'estime. Son influence ne repose que sur le développement des capacités inhérentes du paysage, sous le rapport de l'atmosphère et de la couleur.
A côté de ces novateurs, d'autres peintres méritent qu'on les cite. Le plus sympathique, comme artiste et
FiG. 347. — Caroline Ladv Hollanu,
PAR ALLAN RaMSAV.
(A HoUand Iloiise.)
comme homme, est l'écossais Allan Ramsay, né a Edimbourg en 1713. Ramsay devint membre fondateur, dès l'âge de seize ans, de l'Académie de Saint- Luke à Edimbourg, dont l'existence fut éphémère. Son père était le libraire poète Allan Ramsay. Vers 1734,
FiG. 348. — Marine, par Brooicing.
(Che^ le Colonel Hutcheson Poe, Commandeur
de l'Ordre du Bain )
le jeune peintre vint à Londres ; il y resta quelque temps, puis se rendit, pendant deux ans, en Italie, d'où il retourna, en 1 739, a Edimbourg. En 1 752, il se fixa à Londres, où il mourut trente-deux ans plus tard. Georges 1 1 1 avait fait de lui, en 1 767, son peintre ordinaire.
Jusqu'à ce jour, les mérites de Ramsay n'ont pas été suffisamment reconnus. Il le doit en partie à de
FiG. 349. — Horace Walpole
PAR NaTHANIEL h ONE.
FiG. 35o. — MiSTRKSS MAK(iAKKl
Ckowe. par Opie.
Vu,. 35i. — Gariuck. par R. K. Pi.m; (l)'ciprùs une (iravurc)
mauvais tableaux qu'on a eu le tort de lui attribuer, en partie également à ce qu'aucune de ses œuvres de valeur ne figure dans une galerie métropolitame et enfin à cette circonstance qu'il n'était pas fait pour devenir le portraitiste du Roi. La Galerie nationale écossaise possède, de Ramsay, un délicieux portrait de sa femme, nièce de Lord Mansfield. De ce même peintre, un bon portrait d'homme est à la Galerie nationale d'Irlande ; il en existe d'autres
dans les collections de Lord Lothian, de Lord Stair, de Sir Thomas Gibson Carmichael et de M. Thomas Baring.
Un grand nombre de ses œuvres sont à Holland House (fig. 346 et 347). Avec plus de confiance en lui-même, Ramsay aurait été un des meilleurs portraitistes duxviir siècle.
Ses compositions, qu'une teinte rose caractéristique permet de reconnaître, se distinguent par une sensibilité exquise, une réserve et une légèreté d'exécution qui approchent parfois de la timidité.
D'autres peintres du XVI IP siècle ont acquis a bon droit quelque renom :
Fig. '6b2. — Paii. Sandy,
par Cotes.
(Galerie Nationale.}
PEINTURE. - PERIODE MOYE.WE
'iG. 353. — Les enfants Douglas,