CHAPITRE XVI l PORTRAITS EN MINIATURE
EN Angleterre, les traditions des miniaturistes étaient allées sans cesse en s'affaiblissant durant le siècle qui s'écoula entre la disparition de la supériorité britannique dans l'art d'enluminer les manuscrits et l'arrivée de Holbein a la cour de Henrj^ VIII. C'est à peine si elles avaient garde suffisamment de vitalité pour inspirer le maitre d'Augsbourg. Mais ce grand artiste ne tarda pas a faire comprendre aux enlumineurs anglais tout le parti qu'ils pouvaient tirer de leur art (fig. 45 1 et 452). C'est de son exemple que datent les portraits en miniature, dont la vogue a persisté jusqu'à l'invention de la photographie (fig. 453). Le premier de ses imitateurs fut Nicholas Hilliard(fig. 454 a 457). On a de lui cette phrase souvent citée : " J'ai toujours imite la manière de peindre de Holbein, et je la considère comme la meilleure. " Cependant il ne faudrait pas en conclure que les miniatures de Hilliard sont tellement semblables à celles de son modèle qu'on puisse les confondre, comme on le fait pour les peintures de Holbein et celles d'autres artistes qui vécurent de son temps. Hilliard avait un sentiment de l'élégance ' que le maitre d'Augsbourg ne possédait pas au même degré. Ses personnages sont plus gracieux, avec des contours plus doux. Par
FiG. 453. — Anne de Clèves,