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GUILLAUME YIII DE CHANAC

Selon l'abbé Prouzet , Guillaume de Chanac aurait été élu évêque de Mende en 1571, après la mort d'Urbain V : c'est une erreur. Guillaume VIII monta sur le siège de Mende le 7 février 1570, et Urbain V ne mourut que le 19 décembre de la même année. Cela nous prouve encore l'impossibilité de placer Guillaume de Grimoard parmi les évêques de Mende,

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puisque voici le troisième prélat qui occupe ce siège, sous le ponlificat d'Urbain Y. Dans le catalogue de Daudé de La Barlhe , Guillaume YIII est nommé mal à propos Jean de Clianac.

Nous devons remarquer d'abord que , dans ce quatorzième siècle, l'histoire de l'Eglise gallicane fait menlion de quatre prélats du même nom de famille. 1° Guillaume de Chanac, évêque de Paris, installé en 1552 et mort en 1549; 2° Foulques de Chanac, neveu du précédent, évèque de Paris, mort en 1549, après quelques mois d'épiscopat; 5° Guillaume de Chanac, cardinal en 1571, mort en 1585; 4° Bertrand de Chanac, patriarche de Jérusalem, administrateur des sièges de Bourges et du Puy , créé cardinal par Clément Vil, résidant à Avignon et mort en 1404. Ces quatre prélats sont considérés partout comme issus de la même famille originaire du Limousin.

Selon Hugues du Tems, le troisième de ces prélats, qui futévêquedeMende, eut pour père Guy de Chanac, chevalier, et pour mère, Isabelle de Montroux. Jeune encore, Guillaume entra chez les Bénédictins, fut prieur de Lougpont, puis abbé de Bèze et de Saint- Florent de Saumur, chancelier du duc d'Anjou. Il devint ensuite évêque de Chartres, d'où il passa à Mende, et enfin fut fait cardinal, comme il a été dit. Après la mort de ce prélat, son corps , d'après sa demande manifestée par son testament, fut porté à Saint-Martial de Limoges, dans l'abbaye même où il avait pris l'habit monastique.

Guillaume de Chanac était neveu de Foulques, évéque de Paris, et petit-neveu de Guillaume de Chanac, dont Foulques fut le successeur pendant si peu temps. Il est incontestable que ces deux évêques de Paris étaient originaires du Limousin. Est-il permis de croire que Guillaume, évêque de Mende, était issu d'une famille gévaudanoise connue sous le nom de Chanac? Nous serions assurément charmé de pouvoir revendiquer pour notre pays cette illustration , mais cela ne nous est pas permis. Nous avons exposé les raisons qui militent contre ce vœu, en nous bornant à dérouler brièvement la biographie des quatre prélats du nom de Chanac.

Ce serait invoquer un témoignage bien futile que de citer des monuments écrits où notre Guillaume est désigné sous le litre de cardinal de Mende. On ne peut ignorer que les cardinaux qui sont titulaires d'un siège épiscopal en prennent la qualité. Ainsi Clément de la Rovère fut connu sous le nom de cardinal de Mende. Serait-ce une raison pour le croire issu d'une famille du Gévaudan? De nos jours encore, on dit le cardinal de Reims, le cardinal de Lyon. Or, les prélats qui occupent ces sièges sont complètement étrangers, par leur naissance, aux contrées où existent ces villes épiscopales. î.e cardinal Guillaume de Chanac fut dans un cas absolument identique. Son véritable titre, comme membre du Sacré- CoUége, était celui de cardinal de Saint-Vital. D'ailleurs, h cette époque, il était toujours d'usage de

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donner à un cardinal le litre et le nom de l'évêché qu'il possédait.

Le titre de cardinal de M^nde et l'homonymie du nom féodal de Chanac avec le nom du bourg de Chanac, sur le Lot, à quelques kilomètres de Mende, ont causé l'illusion que nous combattons. Or, le titre nobiliaire de cette famille, qui a produit les quatre évêques dont nous avons parlé, lui vient du village de Chanac, dans le canton et diocèse de Tulle, ancienne province de Limousin, département delà Corrèze.

Un catalogue incomplet des évêques de Mende appartenant aux archives du chapitre calhédral fait observer qu'on a mal h propos prétendu que Guillaume VIII sortait de la noble famille de Pompadour. Cette remarque est très-juste. Les biens de la maison de Chanac, après l'extinction des mâles, passèrent dans la famille de Pompadour, par le mariage de Blanche de Chanac avec Renoul de Pompadour en l'an 14o5. Ce fait est énoncé par Hugues du Teins, qui ne dit pas un seul mot de la prétendue origine gévaudanoise de Guillaume de Chanac.

Ce cardinal évêque de Mende mourut à Avignon en i565, comme il a été dit. On ne possède aucune espèce de document sur son administration épiscopale. 11 est plus que probable que, selon la coutume de ce temps , Guillaume VIII résida fort peu dans sa ville épiscopale , si même il en prit jamais possession personnelle. Nous ne connaissons que sa prise de possession par procureur le 7 février 1570.

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BOMPAR VIRGILE.

L'intronisation personnelle de cet évêque , le 5 août i57I , prouve ce que nous venons de dire sur lé très-court espace de temps pendant lequel Guillaume de Chanac occupa le siège de Mende. Bompar était issu de la famille des Virgiles établie dans la ville même de Mende. Il fut d'abord auditeur du cardinal de Sainte-Croix et il fit alors échange de son premier titre d'archiprêtré de Javols avec une prébende de la cathédrale dont il devint ensuite prévôt. En cette dernière qualité il fonda la chapelle de Sainte-Anne. Bientôt il fut fait évêque d'Uzès et peu de temps après de Mende. Devenu héritier de tous les biens de sa maison, il en gratifia son clergé en 1581. Ce don fut estimé de la valeur de vingt-cinq mille florins d'or, somme très-considérable à celte époque.

Bompar Virgile mourut le 51 juillet d58S, après un épiscopat de quatorze ans. On le trouve nommé en latin Bompar Virgilii. La maison paternelle de ce prélat était dans le quartier connu sous le nom de Pau du Chastel.

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