‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 193 sur 233 · I. Psychologie economique, t. II, p · texte numérisé non relu

I. Psychologie economique, t. II, p

..•tv».

APPENDICE

PROBLEME DE LA POPÜI.ATIO\

Il nous reste un problème qui peut se rattacher à l’une ( U 1 autre des trois grandes parties de la psychologie c conomique, mais qui en définitive les domine toutes et mérite par conséquent une place à part : c’est la question ce la population.

• ■“ Complexité du problème et solutions diverses

Ce problème est en effet très complexe : d’abord la P jpulation tend à se multiplier par répétition hérédit; .ire ; puis l’économiste est amené à s’occuper au point d 3 vue de la concurrence industrielle et commerciale e itre nations, des rapports entre populations inégales e1 inégalement prolifiques ; enfin l’on doit se préoccu- P' r grandement des aptitudes des populations à l’exploita don des inventions industrielles.

Mais Kovalesky et Coste notamment, ont exagéré 1 i mportance de ce problème quand ils ont vu dans la te idance ascendante de la population <x le moteur princi jal de l’évolution économique et même de ï’évolution scciale tout entière ». A aucune époque, on n’a vu que

le niveau de la population soit subordonné au taux de la population. C’est à l’invention, au génie inventif, et non à la population, comme l’enseigne Loria, qu’il faut demander l’explication du progrès économique et social (i). Et c’est même ce phénomène si fécond de l’invention qui domine le problème de la population. Aussi Tarde déclare -t-il que « Papin et Watt ont suscité des milliards d’hommes à l’existence » et que « les premiers domesticateurs d’animaux ou de plantes ont été les grands procréateurs de l’espèce humaine ». C’est aussi le génie inventif qui, à l’inverse, est la principal* cause de la dépopulation française, qui a sa cause dans le principe nouveau de l’égalité démocratique, ce principe ayant engendré chez les classes d’en bas le désir de copier les besoins d’en haut : le vrai facteur, c’est le génie inventif (2).

Quant à la théorie de Malthus qui prétend établir que l’accroissement de la population serait toujours plus rapide que celui des subsistances. Tarde adopte pleinement la réfutation de Nitti, de Leroy-Beaulieu et de Henry George. L’exemple de tous les pays, de l’Angleterre, de la France et des Etats-Unis spécialement, prouve l’erreur de Malthus. L’auteur obsédé par le point de vue objectif, n’a pas vu en effet que « la clef du problème » était surtout psychologique, « que le désir

lüi

I. Loria. Les bases économiques de la société. ■2. Psychologie économique, t. Il, p. 4a3-42^.

de paternité est contenu ou retoulé par le désir du lux( ou du confort et que chaque nouveau besoin qui naî empêche de naître un enfant. »

Le vrai point de vue à envisager ici, l’idée d’inven tion, apparaît déjà bien un peu chez Gourcelle-Seneuil mais il ne l’a envisagé que très imparfaitement. Voyons un peu sa conception. Si l’on suppose donc une natior

Page 1