I. Psychologie économique, p
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currence, la protection, le libre-échange, les crises diverses, tous phénomènes qui supposent « des luttes internes et des sacrifices de désirs à d’autres désirs ».
Mais plus souvent encore les besoins et les travaux s’adaptent et réalisent l'harmonie. Aussi sous cette troisième rubrique, V adaptation économique. Tarde va considérer « les rapports que les hommes ont entre eux au point de vue de la coopération de leurs inventions anciennes à la satisfaction d’un besoin nouveau où à la meilleure satisfaction d’un besoin ancien, ou de la coopération de leurs efforts et de leurs travaux en vue de la reproduction des richesses déjà inventées ».
Critique du plan. — Il ne faut peut-être pas attacher une importance trop considérable à ce bouleversement du cadre de l’économie politique proposé par’ Tarde ; car une division des matières n’est en somme qu’une affaire de système et une question de goût. Assurément le plan primitif adopté par J. -B. Say et sur lequel ont été construits depuis tant de manuels peut paraître défectueux. Il partait en effet de cette idée, plutôt simpliste et qui n’est plus de mode aujourd’hui, que les hommes, aiguillonnés par leurs besoins, produisent des biens, qu’ils échangent entre eux, — c’est la circulation — de manière que chacun ait sa part — répartition\ — et qui finissent par satisfaire leurs besoins — consommation. Or, à présent, nous essayons de faire entrer dans ce schéma trop simple des éléments plus nombreux et plus complexes,
Aussi bien M. Gide lui-même a beaucoup critiqué cette division classique en quatre branches et il trouve notamment que la circulation, nous 1 avons vu,« n est rien de plus qu’un conséquence et un aspect de la division du travail ». Par ailleurs, les traités récents de Schmoller, Marshall, Pareto s’elforcent d’adopter un autre plan. Clark nous propose également une définition nouvelle, basée sur l’évolution sociologique. Une première section comprendrait ainsi les principes généraux qui valent universellement, que la société soit ou non organisée ; une seconde traiterait des phénomènes généraux qui résultent de l’échange : ce serait la science statique ; la troisième enfin étudierait « les variations et les complications d'interaction et d’interdépendance » :
ce serait l’économie dynamique (i).
Quoi qu’il en soit, le plan de Tarde, remarque justement M. Mahaim, ne manque ni de grandeur, ni d’harmonie, ni de simplicité : de grandeur, puisque c’est le plan de toute science sociale, « sa triade de la répétition, de l’opposition, de l’adaptation » étant la division même de tous les phénomènes sociaux ([uelconques (2) ; d’harmonie, car les diverses parties se commandent l’une l’autre, et s’enchaînent d’elles-mêmes ; de simplicité, car quoi de plus simple que de tout ramener aux besoins et aux travaux, qui se répètent, s’opposent et s’adaptent ?