ACTE I
JULI^ff.
Mon onclQ, vous plait-il nous embrasser aussi ? Je suis prêt.
TAMPONBT.
Non, merci, mon cher neveu.
JULIEN
Merci !
TAMPONBT.
Parbleu ! vous habitez un beau coin de la terre,
Mes amis ! Ces coteaux boisés, cette rivière,
Cet aqueduc géant découpant l'horizon.
Ces prés verts, ce ciel bleu, cette blanche maison,
Ces lointains vaporeux, pleins d'ombre et de mystère...
Ah 1 je n'étais pas né pOur me faire notaire.
JULIEN
Eh ! qui «liable ici-bas est né pour son métier, Mon cher oncle, excepté toutefois lf« rentier?
TAMPONET.
J'avais, j'ai des instincts de peintre et de poè'te. J'aurais dû manier la lyre ou la palette !
Figurez-vous, mon cher, qu'au seul aspect des cieux Il me vient quelquefois des larmes dans les yeux ! Et voulez-vous savoir une de mes idées?
Les étoiles des nuits longuement regardées Me semblent le séjour d'où les âmes des morts Contemplent tristement la terre uù gît le corps.
JULIEN
« L'idée est poétique.
t. Les ¥618 manpiés de gnillemets peuvent être supprimés à It repré tentation.
It 6ABRIELLE.
TAMPONET.
« Elle n'est pas commune.
« Tenez, une autre encore : je disais que la lune a Est au soleil — en tant que reflet au rayon — « Ce que la rêverie est à la passion. »
Est-ce ingénieux?
JULIEN.'
Oui !... mais votre fantaisie Plus que pour la peinture est pour la poésie ?
TAMPONET.
Pas du tout, mon ami ! j'adore les tableaux, Et j'ose me flatter d'en avoir d'assez beaux. Hier, justement, j'ai fait une rencontre unique; J'ai payé trente francs une toile authentique... Devinez de qui?
GABRIELLB.
Non.
TAMPONET.
De Pierre Cabassol.
Se peut-il?
TAMPONET.
C'est signé.
JULIEN
Trente francs 1 c'est un vol.
TAMPONET.
Oui , c'est si bon marché qu'à peine osais-je y croire. Mais c'est de mon Lehmann surtout que je fais gloire I
ADRIBNN8.
Pas sîgné celui-là.