ACTE I
TAMPONET.
Par malheur! il vaudrait
Quatre ou cinq mille francs, ce qui m’arrangerait.
Moins fortuné que vous, moi , pour toute peinture. Je n’ai qu’un Meissonier, mais avec signature.
TAMPONET.
On estime beaucoup ce peintre ; quant à moi ,
Je ne fais pas grand cas de ses tableaux.
JULIEN
Pourquoi ?
TAMPONET.
C’est à peine de quoi porter un bout de cadre ;
Et franchement , encor qu’on ne soit pas un ladre. Il est^dur de payer très-cher, comme excellents,
De tout petits tableaux qui ne sont pas meublants.
ADRIENNB, bas à Gabriello.
Détourne le propos.
Pour parler d’autre chose.
Mon oncle, comment va mademoiselle Rose?
TAMPONET.
Ma pupille? son mal est à pou près guéri ;
Mais pour finir la cure il lui faut un mari.
JULIEN
Doux mal dont le remède à trouver est facile. Quand on apporte en dot ce qu’a votre pupille.
Oui , trois cent mille francs sont un joli denier
GABRIKLLE.
A Irouver sous les fleurs dans le fond du panier;
Mais l'argent ne fait pas le bonheur.
JULIEN
Non, il l’aide.
ADBIENNE.
Surtout s'il no vient pas avec femme trop laide.
Vous restez à coucher, j’espère?
TAMPONET.
Assurément ;
Je n’ai jamais compris 1a campagne autrement.
Quand sur terre le soir descend tranquille et triste,
La nature assoupie appartient à l’artiste.
JULIEN
O jxiète! — Venez faire un tour de jardin.
TAMPONET.
Volontiers; j’ai besoin de m’aiguiser la faim.
Julien et Tamponet ^orient-