TAMPONET, ADRIENNE, JULIEN, GABRIELLE, STÉPHANE
J’en étais sûre !
ADRIENNE
TAMPONET.
Eh bien, oui ! la chaleur m’assomme.
J’aime mieux le piquet.
JULIEN
Mais ce pauvre jeune homme^
Pourquoi le condamner à ce jeu de vieillard?
Si vous voulez jouer, que ce soit au billard.
TAMPONET.
Jeu de vieillard? — Monsieur le joue en patriarche A ce compte !
STÉPHANE
J’en sais confusément la marche ,
Voilà tout.
TAMPONET.
Comment donc jouez-vous en ce cas Les jeux que vous savez, monsieur?
STÉPHANE
Je n’en sais pas.
TAMPONET.
Excepté la bataille avec le jeu de dames...
A part.
Hé ! hé ! mauvais sujet ! Criblons-le d’épigrammes.
JULIEN
Le jeu de dames , soit, je l’y crois sans égal.
Mais quant à la bataille, il s’en tire assez mal : Témoin son pauvre bras.
GABBIELLE.
O ciel ! une blessure?
STÉPHANE
Non, madame, du tout. Rien qu’une égraügnure.
JULIEN
Assez forte pourtant jKiur vous faire crier Quand une main s’y vient par hasard appuyer...
Car c’est ainsi que j’ai découvert sa vaillance.
iO
STÉPHANE
Et personne autrement n’en eût eu connaissance.
ADRIENNE , à part.
Va, va, pauvre mari, sers ton rival.
TAMPONET.
Parbleu ,
Cher Julien, nommez-vous cela malheur au jeu? Un petit coup d’épée à porter en écharpe ,
De quoi traîner la jambe et faire l’œil de carpe 1 Peut-on à moins de frais se rendre intéressant? Total : une écorchure et trois gouttes de sang.
Vous êtes goguenard , mon oncle.
STÉPHANE
Laissez faire ,
Madame ; monsieur parle en ancien militaire.
TAMPONET.
Si je n’ai pas servi, sachez que j’ai reçu
Maint coup d’épée au corps et dont on n’a rien su ;
Car je no cherchais pas, moi, dos admiratrices !
Monsieur !
ADRIENNE
Ces coups n’ont pas laissé de cicatrices.
STÉPHANE
Par pure modestie.
TAMPONET.
Oui , monsieur ! — Sachez bien Que tes gens comme il faut ne se vantent de rien.