‹ Gabrielle comedie en cinq actes et en versChapitre 30 sur 76 · SCÈNE Vlll · texte numérisé non relu

SCÈNE Vlll

STÉPHANE, GABRIELLE

C’est le remords vivant.

J’avais tout oublié, ma fille me rappelle Que je dois respecter son père, au moins pour elle. STÉPHANE.

Un enfant fera-t-il crouler tout mon bonheur?

Je ne souillerai pas l'héritage d'honneur Que ma mère a transmis ù toute sa famille.

Et que je dois transmettre à mon tour à ma fille. Quand son père travaille et consume ses jours A lui faire un destin paisible dans son cxmrs.

Moi, femme, je ne puis à la moisson plus ample.

Je ne puis apporter pur ma part que l’exemple; Mais je l'apporterai quoi qu’il coûte à mon cœur,

iu GABIUELI.K.

Ht (le oî j;rand conibat il sortira vain(|iieiir,

Pour qu’à sa mère un jour ma fille se soutienne,

Comme je me soutiens maintenant à la mienne.

Si je vous ai laissé voir que je vous aimais,

Oubliez ce moment de faiblesse.

STÉPU A.\E.

Jamais!

Oublier ce moment ! Est-ce que c’est j)Ossible Avant que je ne sois une cendre insensible?

Vous parlez de remords! Mais moi, supposez-vous Que je serre la main sans honte à votre époux.

Et que son amitié ne soit pas un supplice Dont malgré mon bonheur ma loyauté frémisse?

Mais dussé-je à moi-même être un lâche odieux.

Je ne l’oublierai pas, ce moment radieux.

Eh bien! oui, j’y consens, gardons-en la mémoire.

Et doublons le danger pour doubler la victoire.

Je vous aime, Stéphane, et ne m’en dédis pas;

Oui, c’est un être cher que repoussent mes bras! Séparons-nous, et , sùr du cœur de votre amie.

Partez jwur nous sauver tous deux do l’infamie.

Si nous pouvons nous voir, nos j>érils sont trop grands : Retournez en province auprès de vos parents.

STÉPHANE

Vous quitter? Pouvez-vous me l’ordonner, madame?

GABRIE1.LE.

C’est la preuve d’amour que de vous je réclame.

Soyons fiers, soyons purs, et que tout notre feu.

Comme un encens sacré puisse monU'r vers Dieu!

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