‹ Gabrielle comedie en cinq actes et en versChapitre 76 sur 76 · JULIEN, GABRIELLE · texte numérisé non relu

JULIEN, GABRIELLE

JULIEN

Stéphane?...

■ Il est parti pour ne rentrer jamais.

Il est parti , monsieur , parce que je l’aimais.

Cette femme c’est moi. — Que mon sort s’accomplisse: Je ne murmure pas contre votre justice.

Elle tombe à genoux.

JULIEN

Relève-toi , ma fille. Ai-je vraiment le droit D’ètre un juge orgueilleux et dur à ton endroit!

Dans ton égarement d’un jour , je me demande Lequel de nous , pauvre âme , eut la part la plus grande , Lequel doit s'accuser , toi qui m'as oublié ,

Ou bien sur mon trésor moi qui n’ai pas veillé ;

Moi qui , dans mon travail absorbé sans relâche , M'imaginant ainsi remplir toute ma tâche ,

Sans m’en apercevoir ai perdu jour par jour Les soins et le respect , ces gardiens de l’amour ,

Et qui suis devenu dans ma lutte obstinée Un autre homme que l’homme à qui tu t’es donnée !

Tu le vois, mon enfant, dans ce pas hasardeux Tous deux avons failli ; pardonnons-nous tous deux.

Oh ! vous êtes clément comme un Dieu !

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