‹ Gabrielle de Rochechouart de Mortemart [microform]; étude historiqueChapitre 47 sur 138 · A SEGRAIS · texte numérisé non relu

A SEGRAIS

A Fontevrault, ce 22 mai 1080.

Je fais mes compliments à madame de La Fayette sur votre départ de Paris, et je crois, Monsieur , qu'il faut vous en faireaussi de l'avoir quittée. C'est apparemment la seule chose que vous ayez regrettée véritablement. Le reste du monde est un spectacle que vous venez voir de temps en temps pour n'en pas perdre tout à fait l'idée, et peut-être aussi pour en tirer quelque instruction.

Je suis bien fâchée que madame de Montespan n'ait passé devant vos yeux que de cette sorte, et que vous n'ayez point vu du tout madame de Thianges. Je ne manquerai pas de faire savoir à la première ce que vous m'avez mandé de la beauté des deux petits princes et de la sienne. Je suis certaine que cela lui fera un très-grand plaisir.

En vérité, je ne me console point, Monsieur, de ce qu'étant, vous et moi , destinés à passer notre vie en province, celles que nous habitons soient si éloignées l'une de l'autre. C'est un vrai malheur pour moi, et je compte si fort sur votre amitié que je crois que c'en est un aussi pour vous. Cependant c'est moi qui suis le plus à plaindre , car je n'ai rien dans tout mon voisinage qui m'accommode tant soit peu, et dans le vôtre vous trouvez d'anciens amis et beau-

» Bibl. imp. Mss. Fr. 24,991 ; fol. 212.

coup de gens capables de société. Je ne me plains pas de cette consolation; au contraire, je suis ravie que vous l'ayez; mais j'avoue que je voudrois fort en avoir une pareille.

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