ACTE QUATRIÈME
Si monsieur savait commo madame est souffrante, il ne serait peut-être pas si cruel.
LE BARON
Je ne suis pas cruel. J'ai pleuré à l'audience, tout le monde l'a vu. J'ai fait mieux encore, j'ai recommandé ce malheureux j l'indulgence du tribunal. [il «'«ilca.l
Il aurait mieux valu ne pas le dénoncer. Car enfin, c'e3l votre o qui l'a perdu.
C'est plutôt le sien, puisqu'il a confessé le crime.
LÉONORA
Il y en a qui disent qu'il a avoué le crime sans l'avoir commis, et tout cela pour sauver la réputation do madame.
LB BARON, hauisaul Ici ép.ules.
Il me semble que tu t'intéresses beaucoup à ce malfaiteur.
LÉONORA
Elil monsieur, qui ne le plaindrait pas? mourir à trente-deux ansl
LE BARON
C'est la moyenne de la vie humaine.
LÉONORA
Et si boni si bravo 1 si généreux I On dit quo le jugo avait les larmes aux yeux en prononçant la sentence.
LE BARON
C'est ta maîtresse qui t'a conté cela ? Elle en parle souvent, n'est- il- pas vrai ?
Madame? Elle ne l'a pas seulement nomme une fois. Depuis trois semaines que la pauvre âme vit renferméi!. dans son appartement, elle n'a ■riiire causé qu\mv l.t bon Dion. Lorsque j'entre ehez elle, le matin, je la trouve en prière. Le soir, elle nie renvoie pour prier tout à son aise; je roviens vers minuit pour sa-
voir si cllo n'a besoin dp rien; et, a travers le Irou de la serrure, j.T la vois à genoux, immobile cl tout eu larmes.
Ah! ahl Et quand elle so croit seule avec Dieu, no l'as-tu jamais entendue demander p.iriloii de quelque chose?