‹ Gaëtana: drame en cinq actes en proseChapitre 100 sur 112 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

GAE TAN A, seule. Elle s'assied sur le banc, déplie lentement la lettre et lit.

a Vous ne lisez pas mes lettres, Gaetana ; je le sais, j'en suis o sûr, et pourtant je trouve un plaisir amer à vous écrire. Je ne a vis plus, je ne dors plus; la fièvre qui me brûle ne me laisse « de repos ni jour ni nuit. Ingrate! qu'ai-je donc fait pour mé- « riter votre haine? Avez-vous peur de moi? Doutez-vous de « mon respect et de mon obéissance? J'en suis sûr, on m'a « ruiné dans votre estime, chassé de votre cœur ! Je ne sais pas o ce qu'ils ont pu vous dire, mais je jure que vous ne me con- « damnerez pas avant de m'avoir entendu l Accumulez les ob- « stades, doublez les verrous (entre le comte\ j'arriverai jusqu'à « vous par des chemins que l'audace de l'homme n'a jamais tente tés. Je tomberai au milieu de la solitude et de la paix qui vous a environnent, et je vous dirai...»

LE COMTE

Gaetana , jugez-moi !

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