GAETANA, LE COMTE
N'ètes-vous pas honteux? Comme vous voilà faitl Monsieur, le jeu est un vice; il faudra vous en corriger.
LE COMTE, d'un ton dégagé.
Croyez-vous, madame? Il me semblait, à moi, que le jeu ne devenait un vice que le jour où il dégénérait en passion. Mais une petite partie innocente comme celle que vous avez interrompue est un exercice très-sain et très-moral.
Innocente!... Il y avait des monceaux d'or et de billets sur la table.
LE COMTE, mtme jeu. *
Pas devant moi; vous en êtes témoin. Je disais donc, madame, que le jeu, pris à petite dose, est très-sain, parce qu'il accélère la circulation du sang, et très-moral, parce qu'il nous apprend à mépriser les richesses.
Voilà bien la ferveur des nouveaux convertis ! Il y a huit jour9, vous refusiez de toucher une carte. Ces messieurs jouaient presque tous et même assez gros jeu. Vous les appeliez barbares, et vous veniez causer avec nous !
LE COMTE, violemment.
Eh bien, oui ! le jeu est barbare, stupido, funeste! Et c'est pour ces raisons que je joue depuis huit jours î
Quelle mouche vous pique? Suvcz-vous que vous m'av/z fait peur?