ACTE TROISIÈME
LE COMTE
Avertissez le juge! amenez un médecin!
CARDILLO
Oui, Un juge, Un médecin! (les domestiques sortent par la fauchs,
deuxième pian.) Tous les médecins du pays! Ah 1 monsieur le comte! ( n tombe assis.) c'est le bon Dieu qui vous amène ! Qu'est-ce quo je serais devenu, pauvre moi ! avec un mort sur les bras?
Mais es-tu sûr que le baron soit mort?
CARDILLO, se dirigeant vers la porte de Gaetana.
Ah! monsieur, est-ce que ces coquins-là manquent jamais leur coup?
LE COMTE. '
Où vas-tu? Chut!... La baronne ne sait rien?
CARDILLO
Elle dort; la pauvre chère dame ! Quel réveil pour elle ! Veuve, monsieur ! avant d'avoir été mariée ! J'avais bien dit à monsieur de se méGer de ce Birbone! « Le misérable était déjà à l'ouvrage. Ça grattait dans la chambre à coucher, ça parlait derrière la fenêtre; ça remuait de partout. Mais monsieur n'aurait pas entendu un coup de canon, tant il était aveuglé! Hélas! le poëté a bien raison de dire que rien ne saurait arrêter la pendule une fois que notre heure a sonné. Monsieur le comte m'excusera, (n appeue deux domestiques.) Allez relever le corps, et couchez-le sur son lit, doucement, sans lui faire de mal. (au comte.) Il a beau être mort! un homme comme lui, plus de trois fois millionnaire, ne doit pas coucher sur le parquet. Et les autres qui ne reviennent pas! La villa Corinaldi est pourtant tout près d'ici. » (n
s'approche de la fenêtre et ramasse le poignard de Birbone.) Tenez, monsieur,
voilà l'instrument du crime: un stylet! «en acier! Ah! il y a des hommes bien féroces! » Et voici l'échelle de corde! (n tire récheiie à lui.) un véritable instrument de malfaiteur ! Vous êtes témoin, monsieur le comte, qu'il s'est introduit ici par escalade! N'est-ce pas, que c'est prévu par la loi?
8d GAETAN A.
LE COMTE
Oui.
CARDILLO ci ie par la fenêtre.
Ua-t-on pris ? {n rer-em au coœt».) Ils Font, monsieur le comte î Ah ! scélérat! je vais l'étrangler de mes propres mains ! (n sort.)