ACTE TROISIÈME
GAETAN A, reculnnt.
Vous!... vous!... Dieu! que c'est mal! Vous le haïssez donc bien, que vous no craignez pas de mentir contre lui ?
LE BARON
Je ne mens pas... Taisez-vous!
Oh! monsieur!... Mais vous, Gabriel, qu'avez-vous répondu?
LE COMTE
Rien, madame.
GAETANA, passant à gauche du juge.
Mais je parlerai, moi!... et M. Martinoli m' écoutera. Je dirai que ce matin vous êtes venu chez nous, noblement, pour l'avertir de son danger, (a Martinoli.) Oui, monsieur... et, pour tout remerciaient, le baron Ta insulté, provoqué, menacé de sa vengeance ! La vengeance... la voici !
LE BARON
La vérité, madame, est que toutes les portes de la maison étant fermées, cet homme a été trouvé seul ici , avec un poignard et une échelle de corde.
GAETANA, allant à son mari.
Eh ! vous savez bien pourquoi il est venu !
LE BARON, bas.
Pourquoi?... Dites-le, si vous l'osez.
Il est venu, parce qu'il m'aime, messieurs... et moi... je l'aime
aussi ! (Le baron tombe assis.)
BIRBONE.
Morbleu ! c'est beau, les femmes ! c'est plus brave qu'un régiment !
LE COMTE
Pardonnez-moi, madame ! Tout criminel que je suis, je ne suis pas encore assez lâche pour me sauver à vos dépens.
BIRBONE.
Allons, bon ! A l'autre, maintenant.
LE COMTE
C'o>t moi qui ai frappé M. le baron de! Grido.
Vous mentez ! Il ment !
LE COMTE
Je ne vous aime pas. Toute la ville, grâce à Dieu , connaît ma maîtresse. C'est la Rosita, du théâtre Saint-Charles.
Gabriel! Gabriel!...
( La Rosita n'a rien à faire ici, monsieur le comte : vous vous ( accusez d'un crime invraisemblable, et vous seriez dans un < grand embarras si l'on vous mettait en demeure de le prout ver. »
« LE COMTE, fièrement.
« Ah 1 vous voulez des preuves 1 en voici : l'échelle dont je me '< suis servi est une échelle de vingt-cinq pieds de long/et du « prix de trois écus. Je l'ai achetée moi-môme, aujourd'hui, à « quatre heures, chez Lagorio, rue de Tolède. Faites citer le « marchand, il vous dira si j'ai menti. »
BIRBONE, bas, au comte.
Mais malheureux! vous savez qu'il y va de la vie!
LE COMTE
L'honneur d'une femme ,est plus précieux que la vie d'un homme.
MARTINOLI.
Sauriez-vous aussi bien nous dire où et quand vous vous êtes procuré le poignard?
LE COMTE, embarrassé.
Il y a plus longtemps...
BIRBONE le souffle.
Huit jours.
LE COMTE
Je l'ai acheté il y a huit jours.
VCTK TROISIÈME 403
RI R BOXE, soufflant.
Fait acheter.
LE COMTE
Non pas moi-môme, ce qui aurait été une imprudence, mais par l'intermédiaire d'un paysan.
MARTINOLI.
Où?
BIRBONE, soufflant.
LE COMTE
Chez le seul coutelier de Gastellamare. Ne me demandez pas le prix : j'ai donné à l'homme une pièce d'or en lui disant de tout garder. Habitude de joueur!
BIRBONE, agité.
Non, je ne souffrirai pap... À mon tonrl Je demande la parole!
'Il court au jujfp.'
MARTINOLI.
Parlez !
Parlez, Birbone, parlez! (Le baron se lève et le regarde en face.)
BIRBONE, après un instant de réflexion.
Au fait, l'homme n'est pas mort ; madame n'est pas encore veuve... « Gendarmes, 1 » emmenez l'accusé!