‹ Galanteries XVIIIe siècleChapitre 114 sur 139 · LA REQUÊTE EXAUCÉE · texte numérisé non relu

LA REQUÊTE EXAUCÉE

Histoire plaisante d'une supplique présentée à l'audience d'un intendant par une jeune et jolie tille, qui eut recours à l'argument ad hominein de Phryné. et qui est rapj^ortée comme suit par Hachaumont, dans ses Ménwires, à la date du ^2!) janvier 1763 : « ^>u'y a-l-ii pour votre service, belle enfant, dit Monseigneur en lorgnant la solliciteuse? — C'est un placel. — In placet? ah ? il n'y a rien que de juste, sans doute : un ange comme vous doit avoir raison. Si vous étiez, aussi favorable à ma demande? > — Kn même temps, ses mains libertines avaient laissé échapper le j^lacet pour des attouchements plus délicieux : « Eh ! mais. Monseigneur, vous n'y songez pas... ; lisez. » Notre Agnès ramasse le placet et, en se baissant, découvre à l'intendant de nouveaux charmes. Sa (irandeur n'y lient point, et de gfé ou de force il fait exaucer sa requête. Hcvenu à lui. la cause de la demoiselle est gagnée avant qu'il l'ait lue. Le bel ange s'envole rapidement, et Monseigneur parcourt le placet... Quelle surprise ! c'était une plainte contre un chirurgien, ignorant ou fripon... Depuis ce temps, Monseigneur a pris la coutume de lire les placets avant de présenter le sien.

GALANTERIES XVlll* SIÈCLE 263

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