‹ Galanteries XVIIIe siècleChapitre 80 sur 139 · LE DÉMÉNAGEMENT PEU BANAL · texte numérisé non relu

LE DÉMÉNAGEMENT PEU BANAL

Une nymphe, jeune et gentille, Par un matin déménageait :

Pour son petit meuble de fille, Grande voiture ne fallait ; Un seul crocheteur (1) suffisait.

Au carrefour elle prit Biaise, Garçon robuste et des mieux faits. Il mit le lit sur ses crochets, Puis à chaque corne une chaise, Prit la Bergame sous son bras, Sous l'autre la nappe et les draps; Et, se sentant encore à Taise, De la main droite prit le seau, De la gauche le pot à l'eau ; Lors allongeant, ne vous déplaise.

Ce quon ne dira point ici :

« Parbleu, dit-il, prenez ceci, Mademoiselle, et grimpez-y.

Aussi bien n'ai-je point de voiture ; Et, sans crotter votre chaussure.

Je veux vous emporter aussi.»

[Le Joujou des Demoiselles, 1753.)

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