‹ Galanteries XVIIIe siècleChapitre 89 sur 139 · LA MEPRISE · texte numérisé non relu

LA MEPRISE

(Colette à son amant donne, un jour, rendez-vous :

« Je laisserai ce soir, la porte demi-close,

« Et l'escalier voisin, dans des moments si doux,

« Sera pour nous, dit-êlle. une couche de rose. »

Colin arrive et dans sa vive ardeur

Serre de près dame qu'il croit la sienne ;

Ivre d'amour, s'agite et se démène.

Pensant fêter l'idole do son C(rur.

Il se trompait! La mère Simonetle.

Ayant du couple entendu le traité.

.\u lieu secret pour la fête arrêté,

Pcrddomeiil a remplacé Colette.

Hoit le nectar par IWmour présenté :

Puis à Colin qui méconnaît sa proie,

« Adieu, nmn fils, le Ciel vous tienne en joie,

« Depuis quinze ans. je n en avais tàté !... »

Mkkard Saint-Just.

Le Calnn bourg en Action, 1789.)

Le petit je ne sais quoi d'une jeune pucelle

Une jeune fille, âgée de treize ans, travaillait à la tapisserie chez une demoiselle de la campagne qui avait un fils d'assez bonne humeur et qui, d'ordinaire, faisait la guerre à cette jeune fille, du reste extrêmement jolie, mais fort niaise à cause de sa jeunesse. La trouvant, un jour, endormie sur l'herbe, il la baisa doucement sans réveiller, et comme il lui voulut mettre la main sous la cotte, elle s'éveilla. Lui, lui fit la guerre, lui faisant accroire que, durant quelle dormait, il l'avait maniée partout. Elle se mit à rire, lui disant que ce nétait point vrai, mais lui dit : « Je gagerai bien que je te dirai comment ton petit je ne sais quoi est fait. — Voire, lui dit-elle, je gagerai que vous nen savez rien. — Non ? Tiens, il est fait comme cela, lui montrant deux de ses doigts. N'as-tu pas vu le pied de cette biche qui est attaché à notre porte; veux-tu gager qu'il est fait comme cela ? »

Cette pauvre innocente, entendant cela, s'en va pleurer vers sa maltresse, lui disant : « Mademoiselle, monsieur votre fils ma maniée partout. » La mère se prit à réprimander son fils, qui jura que cela était faux, quil ne l'avait dit que pour la disputer mais cette pauvre fille ne cessant de pleurer, sa maîtresse lui dit : « Vas, il se moque de toi, il te le fait accroire. — Non, mademoiselle, répondit-elle, il est bien vrai, car il m'a dit comment il était fait.»

[youveaux contes à rire, iT8'2.)

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