‹ Galatée; pastorale imitée de CervantesChapitre 19 sur 30 · LIVRE IV. np · texte numérisé non relu

LIVRE IV. np

11 la demande à sa famille ; Jkliiis le ptre dit à Lisis :

Soyez riche autant que ma fille ; Je ne la donne qu'à ce prix.

Hors son amour et sa chaumière.

Le pauvre Lisis n'avoit rien :

la cabane ctoit pour sa mère.

Et pour Louise l'autre bien.

Il part, il quitte sa patrie-; Il arrive au pays de l'or :

là, par une honnête industrie, Il amasïe un petit trésor.

Lisis revient plein d'espérance ;

Louise est fidèle et l'attend :

Sa main sera la récompense

Des travaux d'un si tendre amant ;

Il va posséder son amie :

Mais, la veille d'un jour si beau.

Par une affreuse maladie,

Sa mère est au bord du tombeau.

Lisis tremblant court à la ville ; 11 ne songe plus aux amours :

Du mcJecin le plus habile Lisis implore les secours.

Ma mère va m'être ravie.

Dit-il, embrassant ses genoux :

Si votre art lui sauve la vie.

Ce que je possède est k vous.

Le médecin, par sa science.

Rend la mère aux vaux de son fils :

Le trésor est sa récompense j Plus de Louise pour Lisis, Un autre épouse la bergère :

Lisis le voit sans murmurer ; Et, l'air content près de sa mère.

Il mourut, et n'osa pleurer.

Galatéevint reprendre sa place. Mes amis^ s'écria Salvador, votre cœur vous parle bien mieux que je ne pourrois vous parler. Vous pleurez tous d'attendrissement au rccit d'une bonne adion j jugez quel doit être le plaisir de la faire !

Après ce peu de mots, le vénérable pasteur fit sortir les bergers de la vallée ; il rompit l'ordre de la marche, et tout •le monde se dispersa dans les belles campagnes qu'arrose le Tage.

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