Galerie d'orinaux
H DE SAINT-MAl n. chrfdt divition. Onifirr ilr la Li'gion «i'huniicur , nirinlire <lr l'Allirnc'r i-t île plii- »irur« sofii'It'i M^aiilr^ , unricn chef itf bntnillon dans la gnnlr nationnie.
fié it Tour«i, dcparlcmrnl «l'Indre-rl- Loire, fils nini^ (le Dominique- Mnrie- Joseph Turicriir, dit Sainl-Moiir, de «on vivani, hiii'>sicrà Cliinon, elde «lame Kli-alx-lli-rr^ule-Maric Tlir|iliol, ^on ëpoiisc. Cleve ft la |>larr import-inlr qu'il occupe au ministère, grArc il l'influenre qu'exrrrnil alors un rousin de sa nièrr, un par%enu, l'une iIch grauilrs capacités de IVpoque. Ayant orcup»' Ir.* première* pl.iccs sous l'Empire, M. de SoinlMtiur se montra fort oublieux envers re pan-ni, ipitoranl <nn< doute ce qu'a\ ait dit Mas.'«illon : «que la rrlipi'>n de l'Iiomme n'est souvent que son amour et sa rrronnai>sanre, • ou |)rr->uadé que c'était <t son mérite personnel M-uirnient qu'il
élail rcilcvaMe de son élévation. Idolàlre de Iiiinii'-mo, il devint, d'après l'oi)iiiion de rauloiir immortel du Petit Carême, Tatlice le plus endurci. Celle bonne opinion de lui-même lui lit pousser l'obslinalion jusqu'à continuer à écrire , el cela de la meilleure foi du monde : Je vous observe, dans les circulaires qu'il envoyait à MM. les préfets, malgré toutes les observations qui lui furent faites, pour ne pas blesser son amour-propre, dans des termes convenables, avec tous les ménagements possibles.
Célibataire, égo'isfe cl vaniteux, emporté, gourmand el libertin. D'une grande souplesse quand l'occasion le réclame, par conséquent, fier, Iiaulaiu el dédaigneux avec ses inférieurs, vivant en garçon, dînant toute Tannée en ville, se réservant cependanl la semaine sainte, époque à laquelle il failpénilencc, dans un cabinet du café Anglais.
Quarante-cinq à cinquante ans, teinl échauffé, liliis |)OU(lréc, taille cinq pieds trois pouces, d'un embonpoint tolérable.
Habit noir ou bleu de roi, gilet de Casimir noir ou de cachemire , pantalon gris ou noir, chaîne d'or, lorgnon, mouchoir de batiste, bottes vernies, craquant sur le parquet.
M. niJ.MON T, chef du premier bureau. Ancien avocat, entré au ministère à la première révolution, en 178!). Célibataire, homme d'une grande portée el d'un génie supérieur ; seul charge , cl pour cause, de tout le travail de la division. Sortant rarement de son cabinet, elne mellanl jamais les pieds dans son bu-
iNTfcniEURs m: pureaix. i
rt»u. Méprisant Irs bassc«srs rt !<■< (laponirrirt. itrlr«(aut 1rs vi»itr!> cl Ir» roniplinionls <li- noiix-llo aiincr, aiilanl «es cruploji'i Je son créilil el «le sa bt>ar<e, allant au-«levanl ilc leurs besoins, plnrnnl leur» enfaiilii dan» tics colirgrM, et vivant ignoré au milieu lie sa division; ne ilinant jumaii en ville, pli-in (le tlignilé avec M. «le Saint-Maur, IcnanI loujours M. Clergeol, son collègue, h une Ircs-gramle distance. Ron el afTiMc aveo tout le monde.
Soixanle-rinq ù soixanle rt dix ans, physionomie douce <l mélancolique, d'une bonne constitution, cheveux blanrs, taille élevée.
Grandi- redingote grise, cravate blanche, gilrl noir, rroisaut sur la |M>ilrine, pantalon l>run, bas gris, soulii-rs rouverts, chapeau ù larges bords. M. CLEItriEOT.rAc^f^M strond b>irtau. .Membre de la Légion d'honneur , e\-rompagnun du bis , de la Société royale d'hortieullure, garde national ù cheval par amour pour l'unirorme, louant une monture les jours ilc garde et de revue.
tic i l'étranger, |>endant l'émigration, neveu d'un ancien maiire d'Iioli'l de la maison de Coudé, il entra dins 1rs Itureaux en iHlli, au second retour des BourlH)n->. L'éilucalion qu'il avait reçue, mal dirigée, plus négligée encore, le rendait d'un placement difficile ; enlin. ù l'aiile île recommandations, »a famille, alors toulr-puissanle, avisa aux moyens, pour s'en der.iirc d'une manière convenable, de le faire entrer dans l'administration. I.c titulaire de la place <\m |Mrais<jit lui convenir fut a<lmis a la
GALERIE l) ORIGINAUX.
retraite, cl, par suite de celle vacance, le neveu de l'ancien niailre iriiùlej lie la maison de Comlé acquit une position.
Comme il inspira, dès son entrée, assez peu de conliancc, on lui intima l'ordre formel de ne jamais se mêler du travail et de ne jamais rien faire sans avoir obtenu des supérieurs une autorisation préalable, autorisation qui, par parcnllicse, ne l'ut jamais solliciléc. Il devint fort embarrassé de l'em|)loi de sa journée ; il n'aimait pas la lecture, et il avait le bon esprit de croire qu'il n'était pas convenable qu'il passât tout le temps de la séance sur le do5 de ses employés ; pour siircroil de tribulalious, les fenêtres de son cabinet donnaient sur une petite cour étroite et sombre, il n'avait pas même, pour chai-mer les ennuis de la solitude à laquelle il était voué, la consolaiion de voir circuler les passants.
Le ciel enli)itié de lui : il trouva un procédé qui, sans être nouveau dans les administrations, le mil à même d'acquérir un peu plus de consistance. Pendant une absence du clief de sa division, il fut cliargé seulement d'apposer son visa au bas des rapports, circulaires, éiats, etc., etc., et de tout le travail de son bureau, qui devait lui passer sous les yeux ; car, malgré la défense qui lui avait été faite, il lui était encore permis d'avoir les yeux ouverts. A l'aide d'une encre très-épaisse, il raturait des pbrascs entiè-res et les répétait exactement au-dessus de ses prélenilues corrections : il poussa même l'envie de bien faire jusqu'à improviser quci(iues jambages
INTftniFURS DE nunF.ALx. 0
|>our ronilrr rncorc plus nxVonnnissablc le travail raliiri*. licite tlocoiitcrlr lui ilonnn de l'occupiiliuii ; rllc pouvait tant soit peu Messer Taniour-propre de l'rmplojc corrigé , mais c'était »i peu ilccliuse pour M. Clcrgeot, que jamnij celte cousidérnlion ne l'arréla.
Le neveu du niuitrc iIlKitel tic la mni>on de Tonde fut bien aise, peu de temps avant la révolution de 1830, lie connaître l.eeloure, le berceau de ses pères, et d'y promener l'eloile de la Légion d'honneur, dont sa Itoutonniérc venait d'être décorée. Il partit, accompagné tics vieux et des bénédirtions de tous se:» sui>ordonnés. Son arrivée produisit un grand rn'el;on le reçut avec rnl!iou>ia<'me, ou lui donna des Tètes magnitii|ues :un ancien député du Gers lui oflTril la main de sa fille, ClerpenI rncerpta. Ce fut un mariage purement de convenance; parti fort aTanlagiMix, pour le ninri seuirmeni, sons le rapport de la fortune. .Vadunie Clergcul était, est même encore une jeune pt-rsonne brune, d'une belle taille, des yeux niagnilii|ui's et les plus belles dents du monde; [>eu comprise de son mari, qu'elle rend père tous les ans de cliarmanls enfants, birn que fiii>anl lit à part, dit la ctiruuiquc scandaleuse de la division.
|)i- rt tour ù Paris, après la révolution de juillrl, non-scuicmrnt M. (Icrgeot conserva sa place, mais il n-dcubla d'aplomb, et tousses défauts prirent un dcvelup|M'mrnl extraordinaire. Uavard, vaniteux cl commun, il n'eut plus do frein; ,U. de Saint- .Maur, devant Icqiitliiav.iitloujoursété (Klil lmkdii, s'aper-
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cul du notable cliangemoiit qui vouait dcs'opéi'or en lui, et M. Dunionl se vil dans la nécessité de lui défendre la porte de son cabinet. Ce fut alors (ju'il devint grand faiseur de jeux de mots el de calembours, qu'il parla à tort et à travers , qu'il attribua :"i lîolivarla iléeouvcric de rAmcrique, le poënic de la Vislale au duc d'Angoulènie, cl qu'il commença à se rendre de bonne lieure à son bureau pour surprendre les employés en retard.
Quarante ans, beaucoup d'embonjjoint, |)renanl du tabac en grande quantité, transpirant facilement, cheveux rares, blonds et bouclés, favoris roux, yeux à fleur de tète, nez épate , lèvres épaisses, lunctles d'écaillé.
Habit bleu barbeau à boutons jaunes, gilet chamois, cravate de couleur, des brcloipus, foulard, pantalon gris sans sous-pieds, pieds larges, totijuurs mal chaussés.
M. FOllTIiN, sous-chcf du premier bureau. — Père de famille, homme tranqudie, taillé sur le patron de M. DnmonI, dont il partage les principes cl la manière de voir.
Quarante ù cinquante ans, mise fort simple.
M. LAUDIGHOIS, suus-ehvf du deuxième bureau. — Célibataire, cousin par alliance de .\I. Clergcot ; voix fliitée, se trouvant mal à l'odeur d"une pipe, n'ayant de sa vie ix'iiétré dans un café, candide comme une jeune fille, d'une apathie cl d'une monotonie désespérantes, possédant une belle main,élcvédansrhorreur des mauvaises sociétés; dans son lit ;'i tlix