‹ Galerie d'orinauxChapitre 18 sur 72 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

LES PUÉCÉDENTS, M. r.RISARD.

M. (.RisARi). — Bonjour, messieurs, .le vous recommande les petits pains de la rue du Mail;

46 GALERIE n ORIGINAUX.

leiiez, regardez, n'esl-ce pas blanc connue de la neige ?

M. CARnoum. — Si vous étiez arrivé deux minutes plus lot, vous les auriez fait admirer à un amateur.

M. GRisARD. — Qui donc?

M. cARDoio. — M. Clergeot.

M. GRISARD. — Il est déjà arrivé?

M. cARDouiN. — Et reparti.

M. GRISARD. — Ces clioses-là sont faites pour moi ! Pour une fois par hasard que cela m'arrive...

M. CARDouix. — H nous a chargés de vous faire ses compliments.

UESROCHES. — Oui, il était d'une humeur ravissante, ce matin; il était à mettre sous verre. Monsieur Cardouin, voici le journal. Je vous vois là tournailler autour du poêle... vous avez rinienlion de nous fourrer encore quelques petites bûches, je vous vois venir.

M. CARDOUIN. — Je fais, monsieur, ce que bon me semble.

DESROCHES. — Ce quI vous semble bon ne l'est pas toujours pour tout le monde.

M. CARDoiiîv". — Je ne vous répondrai pas, ce serait à n"en plus finir. (// regagne sa place avec son journal.)

DESRocHESj (lebout, s'approchanl du bureau de

INTÉRIEURS nn nilREAUX. M

Gri.'iard. — Tiens, iiioiisiour Ciiisard, vous ne nous (lisiez pas que vous aviez fail racquisiliou d'un pantalon noisette.

M. GRis.iRD. — Troutli ! c'est que je n'y ai pas pensé.

iiESRocHEs. — C'est la première fois que vous le mettez?

M. (iRis.vRD. — Pardonnez-moi, je l'ai mis liinianciie dernier; je dinais eliez M. Pillars, du sécréta fia I.

rR\>"cHET. — Vous avez clioisi là une couleur bien claire.

M. GRisiRD. —C'est un pantalon pour melire tous les jours.

rRi^ciiET. — Raison de plus, il est trop clair.

M. cARDocis, interrompant sa lecture. — Voyons donc ce fameux pantalon ! (// abandonne son /■flH/t'H/7.) C'est plus clair que noisette, une idée plus clair. Vous avez payé ça?...

M. GRisARD. — .l'ai là une aune un quart à vinj-'tdcux francs, cl puis six francs pour la façon.

M. cARDoiiN. — Ce nVsl |)as une donnée. Tenez, voici un pantalon que j'ai depuis prés de deux ans, que je n'ai presque pas quitté, et c'est un drap qui avait bien plus de corps que le voire; on ne peut pas en juger maintenant; mais il m'est revenu loul fait à vingt et un francs.

48 GALERIE d'ORIGINAUX.

DESROCHES. — Vous avcz loujoufs loul, pourrien; je ne sais, en vérilé, pas comment vous faites, monsieur Cardouin.

FRANCHET. — Le fait est que M. Cardouin est fort licureux dans ses marchés.

M. cARDolI^. — Mais, quand vous voudrez, messieurs, je vous mènerai aux magasins dans lesquels je me fournis.

M. GRisARD. — Certainement, pour un pantalon de tous les jours, je trouve que ce n'est pas cher.

M. CARDOUIN. — Ce pantalon-là aurait dû vous revenir tout fait de dix-neuf à vingt francs. Après cela, j'ai beaucoup acheté de draps, et j'en ai l'habitude.

DESROCHES. — Vous avcz trouvé aussi une adresse pour des chapeaux superfins à sept francs?

M. CARDOUIN, sèchement. — Mais oui, monsieur, à sept francs.

DESROCHES. — Lalsscz donc !

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