SCÈNE XXXIV
LES PRÉCÉDENTS, M. TCPINIER.
M. Ti'PiiviER, venant se poser devant le poêle, la main sur le marbre. — Bonjour, messieurs. Comment pouvez-vous tenir ici, avec une ciiaieur
iNîtiUEURS m: BLREAL'x. :;•
pareille? C'est ù en mourir, parole d'boniicur! l>aiis noire bureau, e'e>l une glaeièrc; loi, c'est une éluve... Je venais nie réciiaulTiT avec vous; mais vous avez aussi par irop jioussé voire poêle. {Personne tic rcpoiid.) Aujourd'Imi, messieurs, le budget doit èlre discuté à la Cliamlirc. On va encore nous travailler, vous allez voir ça, proposer des suppressions. Eh! mon Dieu, laisseznous donc un peu en repos! Vrainiinl, bientôt le métier ne sera plus lenable. C'est une cliose terrilile que d'être tous les ans comme nous sommes à lépoqut! de la discussion ilu budget. {Prolon- {inlion du silence.) J'ai un (ils; mais, si jamais celui-là devient employé, 'y. veux èlre damné. Je ne sais encore ce que j'en ferai; mais, au moins, il ne sera pas employé. Quel métier que celui-là maintenant! il est devenu atroce! Mouïicur HilTé, quand me donnercz-vous ma revanclie? (.»/. Riffé ne repond pas.) Je suis moralement persuadé que le métier d"emplo\é — car on en a fait un métier — est le dernier des élats. Personne de vous , messieurs, ne \ient nous voir; vous nous abandonnez donc à noire mailieureux sort? )!. Cardouin a-t-il lu le journal ec malin?
M. cARDOi'ii. — Je ne l'ai point lu, non, monsieur; je l'aurais lu, il n'y a pas à cela le moindre doute, si je n'y eusse pas été abonné ; je le suis, je
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lierai poinl lu. Non, monsieur, je ne l'ai poinl lu. {Il ouvre lin livre.)
M. TupiNiER. — Ma foi, je ne lis que forl peu de journaux, et je vous assure que je m'en trouve forl iiien; la politique m'ennuie, que vouk'z-vous! Quand nous nous mettrons l'esprit à la torture, qu'en résultera-t-ii? Nous nous ferons du mal et nous ne changerons rien à l'ordre des choses ; c'est que c"esi à remarquer au moins, on ne change rien, on... ne... change... rien... {Sileiice.)h crois que voiià un lemjjs noir qui nous annonce de la neige; je n'aime pus ces vilains temps gris comme nous en avons depuis dix jours, ça rend tout triste. Parlez-moi de l'été, vive leté! j'aime mieux l'été que l'hiver. Chacun son goût après cela; moi, je préfère l'été. Au moins l'été, vous avez la promenade, la campagne. {Personne encore ne répond.) Qu'est-ce qui n'aime pas la campagne? J'adore la campagne, moi. Il y a quatre ans, j'avais obtenu un congé de quelques jours, je n'en demande pas souvent, je l'ai passé à la campagne, dans le pays de ma femme, au mois de mai; comme je me suis amusé! Mais, quand je dis que je me suis amusé, je me suis amusé comme un enfant. Aussi, quand nous en sommes revenus, je n'en pouvais plus... Ah! j'aime bien la campagne, pas la campagne à la ville, la campagne. L'hiver, qu'est-ce que vous